Publié le mardi 29 septembre 2026 dans la rubrique Bordeaux
À Bordeaux, des lycéens bloquent leurs établissements pour dénoncer leurs conditions d’études
Ce matin à Bordeaux, devant le lycée Michel-de-Montaigne, une barricade de poubelles bloque l'entrée principale. Entre 200 et 300 élèves se sont rassemblés pour soutenir le mouvement de grève nationale du 29 septembre. Ils expriment leur mécontentement face à des conditions d'études jugées inacceptables.
Des conditions d'études dénoncées
Une élève de terminale, microphone à la main, témoigne : « Si on est là, c’est parce que nous apprenons dans des conditions défavorables. » Les revendications fusent dans la cour. Flora, une élève de première, résume la frustration collective : « Ça fait des années qu’on parle et qu’on ne nous écoute pas. » Les jeunes abordent des sujets tels que Parcoursup, qu’ils perçoivent comme une source d’inégalités, ainsi que le manque de moyens dans leurs établissements.
Les enseignants également concernés
Les préoccupations des lycéens ne s'arrêtent pas à leur propre situation. Ils pointent également du doigt les difficultés rencontrées par leurs professeurs. Un élève évoque un remplaçant qui ne pourrait pas corriger les copies pour le bac en raison d'heures non réglementaires. Cette situation génère des inquiétudes quant à leur avenir scolaire et professionnel.
Une mobilisation élargie
Les actions de blocage ne se limitent pas au lycée Michel-de-Montaigne. D'autres établissements bordelais, comme François-Mauriac et Brémontier, ont également vu des élèves se mobiliser. Près de Montaigne, environ 300 élèves du lycée Magendie se sont rassemblés, mais sans barricader l'entrée. Ils déplorent le manque de ressources dû aux coupes budgétaires et les conséquences sur leurs conditions d'apprentissage.
Revendiquer une meilleure vie étudiante
Elise, une élève de première, prend la parole sur un bloc de béton et dénonce une liste de manquements : « Les horaires 8h-18h tous les jours, c’est pas possible. » Elle souligne le manque de temps pour les repas, l'absence de repas végétariens et la dégradation de la santé mentale des jeunes, face à une insuffisance de psychologues et d’infirmiers dans les établissements. Pour elle, ces préoccupations devraient primer sur les questions d'immigration qui occupent souvent le débat public.
Une prise de conscience citoyenne
Pour certains, cette mobilisation est un apprentissage concret de la citoyenneté. Une élève de terminale, impliquée dans l'organisation du mouvement, prévoit de poursuivre ces actions dans les mois à venir, en vue des élections présidentielles. Ils souhaitent ainsi alerter sur leurs conditions d'études et la place accordée à la jeunesse dans les choix politiques.
Des incidents en marge de la manifestation
Après ces blocages, les élèves ont rejoint la manifestation prévue place de la République à Bordeaux. Tous les lycées ont été « déblocés » dans l’après-midi. Cependant, un incident a eu lieu en marge du cortège : un pompier a été blessé par l'explosion d'une bombe aérosol alors qu'il tentait d'éteindre une poubelle incendiée près d'une barricade. Le sapeur-pompier a été transporté à l'hôpital, mais a pu regagner sa caserne plus tard dans la journée. La préfecture de la Gironde a rappelé que « aucune manifestation ne saurait justifier la mise en danger de celles et ceux qui portent secours à la population. »


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