Publié le lundi 17 août 2026 dans la rubrique Bordeaux
Hué au Porge, Sébastien Lecornu promet 100 millions d’aides pour la Gironde et les Landes, « pas à la hauteur des enjeux » pour ses opposants
Dimanche dernier, Sébastien Lecornu a visité le Porge, une commune de la Gironde gravement touchée par les incendies de cet été. Ce mégafeu a détruit 184 logements, laissant de nombreux habitants dans la détresse. Bien que le Premier ministre ait annoncé son intention de se rendre à la caserne des pompiers, il a finalement évité de rencontrer les sinistrés, qui avaient préparé un accueil pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de son absence.
Les critiques ont fusé de la part des habitants, qui ont dénoncé un « manque de respect » du chef du gouvernement. Ils lui reprochent de ne pas agir de manière adéquate, trois semaines après les évacuations massives. Un collectif d’habitants a également appelé à une meilleure stratégie de lutte contre les incendies, affirmant que le Porge avait été négligé au profit de zones plus peuplées comme le Cap Ferret.
Engagement de l'État pour la reconstruction
Lors d'une conférence de presse à Mérignac, Lecornu a reconnu qu'il aurait dû rencontrer les habitants du Porge pour leur présenter les mesures d'aide. Il a reconnu la légitimité de leur colère et a promis que les opérations de lutte contre les incendies seraient clarifiées pour éviter toute dérive complotiste. Le Premier ministre a mis l'accent sur l'engagement de l'État à faciliter la reconstruction des habitations, promettant que des permis de construire seraient délivrés dans un maximum d’un mois.
Pour soutenir les collectivités touchées, Lecornu a annoncé une aide de 12 millions d’euros, dont 10 millions spécifiquement pour la Gironde. De plus, 5 millions d’euros seront alloués au fonds de relogement d’urgence.
Un total d'aides publiques de 100 millions d'euros
Le Premier ministre a évalué le montant total des aides publiques à plus de 100 millions d'euros. Cependant, il a précisé que la majorité de ce soutien irait aux entreprises et acteurs économiques touchés par les sinistres. Ces entités bénéficieront d’une exonération de cotisations sociales pour trois mois ainsi que d’un dégrèvement de la taxe foncière.
Ce dispositif, qui sera intégré au projet de loi de finances pour 2027, profitera à des entreprises de taille variée, allant de grandes sociétés comme Dassault et Thales à des petits commerces du Porge. On estime que près de 39 000 entreprises et 100 000 salariés ont été impactés par ces incendies.
Mesures pour le secteur touristique et agricole
Pour relancer le secteur touristique, essentiel dans la région, le gouvernement va financer une campagne de communication, car les réservations ont chuté de 50 % dans les zones touchées, entraînant un manque à gagner de 60 millions d’euros. Des mesures pour les exploitations agricoles et forestières sont également en préparation. Selon la députée de Mérignac, Marie Récalde, 6 millions d'euros seront débloqués pour ces exploitations, avec des soutiens pour les cotisations et des efforts pour reconstituer les forêts.
Critiques sur les annonces gouvernementales
Les annonces de Lecornu ont suscité des réactions critiques. Les candidats écologistes aux élections sénatoriales estiment que ces mesures ne sont pas à la hauteur des enjeux liés au dérèglement climatique. Ils soulignent que les 12 millions d'euros annoncés ne représentent qu'une infime partie des 400 millions d'euros estimés pour couvrir les coûts des incendies.
La sénatrice écologiste Monique de Marco a questionné la stratégie nationale de prévention contre les mégafeux et a appelé à des investissements pour renforcer la résilience des territoires face au changement climatique. Elle a également déploré l'absence d'un engagement clair concernant une future base aérienne de Canadair dans le Sud-Ouest.
Un besoin urgent de moyens supplémentaires
Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur, a affirmé que le projet d'une base aérienne de bombardiers d'eau à Mont-de-Marsan n'avait pas été abandonné, mais que des raisons opérationnelles avaient empêché sa mise en œuvre. Il a également reconnu que la gestion des moyens aériens durant l'incendie avait été insuffisante, un fait corroboré par la Région Nouvelle-Aquitaine.
Alain Rousset, président de la Région, a demandé un engagement ferme pour une base opérationnelle de Canadair et un programme de restauration des forêts. Les 42 000 hectares brûlés pourraient devenir un territoire pilote pour expérimenter des techniques de prévention et de gestion des incendies.
Face à ces enjeux, les mesures annoncées par le gouvernement sont jugées insuffisantes par de nombreux élus locaux, qui appellent à une véritable stratégie d'adaptation aux défis climatiques et économiques de la région.


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