Publié le jeudi 20 août 2026 dans la rubrique Bordeaux
Incendie au Cap-Ferret : la controverse du pare-feu de Benoît Bartherotte
Incendie au Cap-Ferret
Le 23 juillet, un incendie a ravagé Saumos, au nord du Médoc, atteignant Lège-Cap-Ferret et provoquant l'évacuation de la presqu'île. Plusieurs milliers d'habitants ont été affectés par cette situation d'urgence. Face à cette menace, Benoît Bartherotte, président de l’Association de défense de la pointe du Cap-Ferret (ADPCF), a décidé de créer un pare-feu à proximité de sa propriété, estimant que la situation nécessitait une action rapide.
Une intervention controversée
Bartherotte a entrepris de réaliser un pare-feu de 800 mètres de long et 100 mètres de large, coupant des arbres sur une surface d’environ huit hectares. Il a avancé avoir financé ce projet à hauteur de 150 000 euros, affirmant agir « en substitution de la carence de la force publique » et « dans l’urgence ». Cette décision a cependant été prise sans l'autorisation des autorités locales, notamment la commune de Lège-Cap-Ferret et l'Office national des forêts (ONF).
Une plainte déposée
Le 19 août, l’association anticorruption AC !! a déposé une plainte contre X pour interroger les conditions dans lesquelles ces travaux ont été réalisés. Selon l’association, l’abattage des arbres et les terrassements nécessaires à l’établissement d’un boulevard de sable justifient une investigation par l’administration forestière afin de vérifier si une autorisation de défrichement était nécessaire.
Une opération sans autorisation
Malgré l'interruption des travaux le 26 juillet par la mairie, Bartherotte a rapidement repris le chantier. Des sources anonymes ont affirmé que l’ordre de continuer les travaux provenait de « très, haut ». Bartherotte a évoqué avoir mobilisé ses contacts, allant jusqu’à Brigitte Macron, pour obtenir une autorisation a posteriori, qui aurait été accordée tacitement par la préfecture. Cette dernière, contactée par des médias locaux, n’a pas souhaité commenter en raison des enquêtes en cours.
Réactions des autorités locales
La situation a suscité l'indignation du maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville. Ce dernier a annoncé son intention d'intenter des poursuites contre Bartherotte, qu'il accuse d'utiliser les médias pour se présenter comme le « sauveur de la presqu'île ». Le maire a souligné qu'il aurait préféré que Bartherotte contribue à des projets plus larges, comme le pare-feu de Claouey, qui protège l'ensemble de la presqu'île.
Enquête en cours
Pour l’instant, le parquet de Bordeaux n'a pas ouvert d'enquête formelle, mais il étudie un rapport de l’ONF et un procès-verbal de la gendarmerie. La situation reste tendue, et les implications de cette affaire pourraient avoir des conséquences à long terme sur la gestion des forêts et la sécurité incendie dans la région.
Antécédents de Benoît Bartherotte
Benoît Bartherotte a déjà fait l’objet de controverses par le passé. Il avait précédemment construit sans autorisation une digue censée protéger la pointe du Cap-Ferret. Malgré une condamnation judiciaire, l'État lui avait finalement accordé une autorisation d'occupation temporaire du domaine public maritime, ce qui avait soulevé des questions sur ses relations avec les autorités.


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