Publié le vendredi 23 octobre 2026 dans la rubrique Bordeaux
L’interdiction de manifester dans le centre de Bordeaux, « une inquiétante dérive sécuritaire »
Une réunion sous tension à la préfecture
À Bordeaux, en Gironde, la tension monte après l'annonce d'un arrêté préfectoral interdisant les manifestations dans une vaste zone du centre-ville. Ce jeudi 22 octobre, Stéphane Obé, représentant de la CGT, a exprimé des inquiétudes lors d'une sortie de réunion avec la préfète, Sophie Brocas. Tous les syndicats, y compris la CFDT, UNSA, FO, Solidaires et FSU, se sont unis pour dénoncer cette décision.
Des restrictions sans précédent
L'arrêté en question vise à interdire toute forme de rassemblement dans un périmètre s'étendant des quais de Bordeaux jusqu'au cimetière de la Chartreuse, incluant des lieux emblématiques comme les Quinconces et le cours Clémenceau. Cette décision est perçue comme une atteinte grave au droit de manifester, un droit fondamental pour de nombreux acteurs sociaux et politiques.
Le droit de manifester en péril
Catherine Dudes, de la FSU, a souligné que cette mesure touche non seulement les syndicats, mais l'ensemble des corps sociaux et politiques. Elle rappelle que le droit de manifester est garanti par la Constitution et que le président de la République ne devrait pas en être le premier garant à vouloir l'entraver.
Les syndicats estiment que cette restriction crée un climat d'inquiétude et d'insécurité. Stéphane Obé a qualifié cette situation d’« inquiétante dérive sécuritaire », pointant du doigt le paradoxe entre les attentes des citoyens et la réponse de l'État.
Des recours en perspective
Face à cette situation, le Syndicat de la magistrature et l'association Adelico ont déjà déposé un recours auprès du Conseil d'État. De leur côté, les syndicats girondins envisagent également de contester l'arrêté préfectoral en s'attachant à le renégocier avant sa publication. Ils se préparent à saisir le tribunal administratif si leurs demandes ne sont pas entendues.
Une colère alimentée par l'absence de dialogue
Les syndicats ont prévu de déposer une déclaration de manifestation pour le 5 novembre, mais se heurtent à la frilosité des autorités. Ils estiment que l'arrêté a été pris en réponse à des événements mal maîtrisés lors des manifestations précédentes, notamment le 17 octobre où des tensions avaient éclaté.
Michèle Boucau, de la CFDT, a mis en lumière un autre aspect : la dégradation des services publics, qui rend difficile la gestion sécuritaire des manifestations. Elle déplore que l'État préfère la répression à l'écoute des revendications légitimes des citoyens.
Une réunion jugée surréaliste
Manuel De Sousa, de Force ouvrière, a qualifié la réunion avec la préfète de « totalement lunaire ». Il a critiqué l'absence de considération pour les revendications des manifestants, alors que l'interdiction de manifestation a été présentée comme une mesure de prévention. Les syndicats s'interrogent sur l'efficacité de cette approche et sur la légitimité de l'arrêté.
Malgré les restrictions, tous les syndicats appellent à participer à la manifestation prévue, déterminés à faire entendre leur voix et à défendre le droit de manifester dans un contexte de tensions sociales croissantes.


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