Publié le jeudi 01 octobre 2026 dans la rubrique Bordeaux
« Les jeunes veulent davantage être entendus » : La mobilisation des lycéens se poursuit, des incidents ce mercredi à Bordeaux
Mobilisation des lycéens à Bordeaux
Ce mercredi, plusieurs milliers de lycéens ont bloqué les accès de leurs établissements en Gironde, notamment dans la métropole bordelaise. Cette mobilisation fait suite à des actions similaires menées la veille et vise à exprimer des revendications sur des sujets variés, allant des conditions d'études à des préoccupations sociétales plus larges.
Incidents à Bordeaux et Lormont
La préfecture a rapporté que certains secteurs, comme Lormont et Bordeaux, ont connu des troubles. Les incidents ont inclus des dégradations de biens publics et privés, des départs de feu, ainsi que des jets de projectiles et de mortiers à l'encontre des forces de l'ordre. Au lycée Gustave-Eiffel à Bordeaux, des poubelles en feu ont causé des dommages aux façades voisines.
Dix interpellations ont été effectuées en Gironde, principalement pour des actes de destruction, dégradations et violences envers les forces de l'ordre. Les élèves, quant à eux, affirment avoir été la cible de gaz lacrymogènes lancés par la police.
Les conséquences des incidents
Six personnes ont été blessées lors de ces événements, dont cinq lycéens touchés par d’autres élèves et une fonctionnaire territoriale. Pour garantir la sécurité des élèves et du personnel, deux établissements ont été fermés et quatre autres ont été placés en confinement.
Réactions officielles
La préfète de la Gironde, Sophie Brocas, et le recteur de l’académie de Bordeaux, Jean-Marc Huart, ont fermement condamné les violences envers les forces de l’ordre et les actes de vandalisme. Ils ont rappelé que le droit de manifester est fondamental, mais qu’il ne doit pas compromettre la sécurité des élèves, du personnel éducatif ou des intervenants d’urgence. Ils ont également appelé les parents à prendre leurs responsabilités dans cette situation.
Les revendications des lycéens
Les lycéens expriment des inquiétudes quant à la montée de l’extrême-droite, au réchauffement climatique et à leurs conditions d’études, comme l’illustre leurs slogans. Corinne Devaux, présidente de la FCPE 33, a souligné que leurs revendications rejoignent les préoccupations déjà soulevées par les parents d’élèves. Elle a fait état d'infrastructures délabrées, de classes surchargées et de la privatisation croissante de l'orientation post-bac, qui nuisent aux conditions d’enseignement.
Un appel à l'écoute
Devaux a insisté sur l'importance de faire entendre la voix des jeunes, en particulier à l'approche des élections présidentielles, alors que la plupart d'entre eux ne pourront pas voter avant 2027. Pour Vincent Tiberj, sociologue et professeur à Sciences Po Bordeaux, cette mobilisation ne se limite pas à un simple effet de mimétisme entre les lycées, mais représente également un véritable élan de solidarité. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des élèves en région parisienne confrontés à des gaz lacrymogènes, renforçant le sentiment d'incompréhension face à l'impossibilité de s'exprimer.
Vers une intensification du mouvement
La présidente de la FCPE 33 a affirmé que la répression n'est pas une solution. Elle souhaite que les élèves puissent manifester sans intervention policière et a proposé aux parents d’être présents pour favoriser le dialogue et éviter les débordements. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont déjà annoncé la poursuite des blocus dans les lycées et les universités, avec une manifestation prévue le 6 octobre prochain, signalant ainsi que le mouvement pourrait s’amplifier dans les jours à venir.


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