Publié le dimanche 04 octobre 2026 dans la rubrique Bordeaux
L'impact de la hausse des carburants sur les marchés de Saint-André-de-Cubzac
La hausse récente des prix des carburants impacte sérieusement les marchés de Saint-André-de-Cubzac, en Gironde, réduisant le nombre de commerçants et la fréquentation des clients. Les producteurs locaux, déjà éprouvés par des marges de plus en plus serrées, trouvent difficile de maintenir leur activité face à cette augmentation des coûts de transport.
Les difficultés des producteurs locaux
Olivia Quillet, productrice de poulets, témoigne de son expérience. Pour écouler sa marchandise sur les marchés, elle doit parcourir de nombreux kilomètres. Chaque plein de sa camionnette frigorifique lui coûte désormais 35 euros de plus. "Je ne peux pas trop répercuter le prix du carburant sur la viande. Je répercute ce prix-là sur mon salaire", confie-t-elle, illustrant le dilemme auquel font face de nombreux producteurs.
Le choix des marchés
Sylvia Zimmerman, qui vend des petits jouets et de la mercerie, a également dû revoir ses déplacements. Pour la première fois, elle a décidé de ne pas se rendre sur certains marchés habituels, optant pour ceux qui nécessitent moins de kilomètres. "On choisit les marchés moins loin parce que ça revient un peu cher, les véhicules. On a tout de suite 12, 13 litres, 15 litres au 100", précise-t-elle.
Des places vacantes sur les marchés
Le marché de Saint-André-de-Cubzac, qui compte habituellement 130 exposants, commence à voir des places vacantes. "C'est vrai qu'il y a des commerçants passagers, qui sont là un samedi sur deux", remarque une habituée. Les plus gros camions-boutiques, qui font six marchés par semaine, réalisent de longs trajets. Sébastien Bris, un ostréiculteur de Charente-Maritime, indique que pour simplement faire le tour de la Gironde, il doit débourser 200 euros de gasoil pendant le week-end. "On n'y arrive pas, on prend sur nos marges. Parce que si on augmente nos huîtres, on ne les vendra plus", explique-t-il, ajoutant que la situation est déjà difficile pour tous.
Baisse de la fréquentation des clients
La baisse du nombre de commerçants sur les marchés se traduit également par une diminution de la fréquentation. Les clients hésitent à se déplacer, craignant de ne pas trouver ce qu'ils cherchent. Un client, habituellement présent dès l’ouverture, remarque : "D'habitude, je viens exprès tôt parce que je suis sûr de ne pas faire la queue. Là, même si j'arrive à 9 heures, il n'y a pas de soucis à ce niveau-là." Une habitante confirme également que le marché est moins fréquenté que d’habitude, notant que "la rentrée est difficile".
Impact économique sur les commerces ambulants
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : au deuxième trimestre 2026, le chiffre d'affaires des commerces de bouche ambulants a chuté de 2,6%. Cette baisse illustre le défi croissant que représentent les prix des carburants pour les petits commerçants, qui doivent jongler entre une hausse des coûts d'exploitation et une clientèle de plus en plus hésitante.


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