Publié le samedi 30 mai 2026 dans la rubrique Bordeaux
Sécurité renforcée sur les plages girondines après plusieurs noyades tragiques
Un drame s'est abattu sur le littoral girondin ces derniers jours, avec une série de noyades tragiques. À Lacanau, un jeune homme de 24 ans a trouvé la mort mercredi 27 mai, emporté par la marée. Ce décès a été suivi du repêchage d'un trentenaire sur la plage du Lion, également à Lacanau, qui avait disparu après une baignade dans une baïne. Le week-end dernier, une autre noyade a eu lieu, cette fois-ci à Lège Cap Ferret, où une femme de 56 ans a succombé dans des circonstances similaires. En tout, quatre noyades se sont produites dans la région, représentant la moitié des décès par noyade enregistrés en France depuis le début d’une canicule précoce.
Sensibilisation et sécurité des plages
Les statistiques sont préoccupantes. Malgré les alertes sur les dangers des baïnes émises par la préfecture de la Gironde, une quarantaine de personnes ont été secourues au large, après s'être baignées dans des zones non surveillées. Laurent Peyrondet, maire de Lacanau, a exprimé sa douleur face à la perte tragique de jeunes pour une simple baignade: « C’était terrible. J’ai de la peine pour eux et pour les familles, on est meurtris ». Les municipalités côtières prennent la sécurité des baigneurs au sérieux, mais les moyens déployés semblent insuffisants face à l'augmentation de la fréquentation estivale.
Des mesures préventives renforcées
Malgré les efforts pour élargir les zones surveillées, comme à Lacanau qui a établi trois zones, les défis demeurent. Hourtin, Carcans et Lège Cap Ferret disposent aussi d'un secteur surveillé, et une plage au Porge s'apprête à ouvrir ce week-end. Toutefois, les stations font face à une affluence exceptionnelle, évaluée entre 120 000 et 150 000 personnes lors du dernier week-end de Pentecôte, un chiffre digne d’un 15 août. « Nous avons eu 10 jours de canicule totalement incroyable en plein mois de mai », souligne Peyrondet.
Un défi financier pour la surveillance
Lacanau consacre 700 000 euros par an à la sécurité de ses plages, mais cette somme dépend aussi des recettes touristiques. Le maire regrette que certaines villes comme le Porge ne bénéficient pas de la même affluence et subissent des comportements inciviques de la part de certains visiteurs. L'adjoint au maire du Porge, Olivier Euzet, insiste sur la nécessité de trouver des partenaires financiers pour maintenir ces espaces de loisirs accessibles à tous. Une possibilité d'instaurer une modeste contribution de trois euros pour le ramassage des déchets et le financement des sauveteurs a été évoquée par Peyrondet.
Appel à l'aide des autorités
Le Sivu33, qui gère la surveillance des plages, prévoit de chiffrer ses besoins d’ici la rentrée afin d’installer un dispositif adéquat, notamment en allongeant la période de surveillance. Cela impliquerait une coopération étroite avec la Métropole, le Département et d'autres collectivités. Cependant, le conseil départemental de la Gironde ne finance actuellement pas cette sécurité, à la différence du département des Landes qui alloue 1,1 million d’euros pour une surveillance continuelle.
Des initiatives de sécurité renforcées
En réponse à ces tragédies, la préfète de Gironde a annoncé le renforcement des moyens de sécurité, incluant la pré-position de l’hélicoptère de la sécurité civile et le soutien accru des forces de sécurité intérieure. À cela s’ajoute l’action des “surfeurs sauveurs” qui ont spontanément porté secours à de nombreux baigneurs ces derniers jours. Les élus locaux appellent à une sensibilisation accrue sur les risques liés aux baïnes afin de prévenir les accidents et assurer la sécurité des baigneurs sur ces plages prisées.

