Publié le mercredi 20 mai 2026 dans la rubrique Bordeaux
Un Hondurien sous OQTF retrouvé mort un mois après son retour dans son pays natal
Ruben Torres, un Hondurien âgé de 37 ans, a été tragiquement retrouvé mort le 10 mars dernier dans son pays natal, quelques jours après avoir été confronté au rejet de sa demande d’asile en France. Cet événement déchirant a eu lieu alors qu'il se trouvait à Bordeaux, en Gironde, d’où il était originaire. Son avocat, Pierre-Antoine Cazau, a confirmé la nouvelle le 20 mai, soulevant ainsi une question alarmante sur la sécurité des migrants retournant dans leur pays après un refus de protection.
Un parcours de vie difficile
Ruben Torres avait quitté le Honduras pour fuir la violence des gangs, un choix motivé par des menaces de mort qu'il avait reçues après que son frère ait dénoncé un membre d'une bande criminelle. Après un voyage vers la France, il avait rejoint son frère à Bordeaux en 2024, espérant trouver un refuge. Son espoir d'obtenir l'asile s'est cependant évanoui en juin 2025, lorsque sa demande a été rejetée par les autorités françaises, qui ont estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour soutenir son récit. En conséquence, il a été placé sous OQTF, une situation précaire qui l’a conduit à quitter la France en février 2026 et à retourner au Honduras.
Les circonstances de sa mort
Le corps de Ruben a été retrouvé au fond d'un ravin dans son pays le 10 mars, déclenchant une enquête pour déterminer les circonstances de sa disparition et de sa mort. Son avocat a exprimé l'angoisse que ressentait Ruben face à la perspective de retourner au Honduras, où il se savait en danger. Éprouvé par le désespoir de vivre sous une OQTF, il aurait pris cette décision en toute connaissance des risques encourus, préférant affronter sa terre natale à l'incertitude de sa situation en France.
Un échec de la protection
De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer le traitement réservé à Ruben Torres. L'ASTI Bordeaux, qui l'avait soutenu lors de son séjour en France, décrit sa mort comme un "gâchis". Serge Milhé, un professeur bénévole, souligne qu'il avait montré des efforts d'intégration, notamment en apprenant le français et en s'intégrant dans la vie bordelaise. La préfète de Nouvelle-Aquitaine, Sophie Brocas, a admis que l'administration n'avait pas été convaincue par son dossier, précisant que Ruben n'avait pas réussi à prouver son besoin de protection. Ce tragique incident pose des questions sérieuses sur la responsabilité des autorités dans la protection des demandeurs d'asile et le traitement réservé aux migrants en situation irrégulière.

