Publié le mardi 28 juillet 2026 dans la rubrique Grenoble
Grenoble. « Comme il n’a pas dit non, pour moi, c’était oui » : un masseur condamné pour agressions sexuelles sur deux clients
Un procès délicat
Au tribunal correctionnel de Grenoble, le procureur Étienne Manteaux et l'avocat de la défense, Me Alexandre Rouvier, s'accordent à décrire le masseur de 66 ans, accusé d'agressions sexuelles, comme appartenant à « au monde d’avant ». La discussion s'arrête là, car les deux parties ont des visions diamétralement opposées sur les faits. Pour le procureur, l'accusé a bel et bien commis des actes répréhensibles. En revanche, la défense soutient que les gestes incriminés relèvent d'une pratique de soin, sans intention malveillante.
Le témoignage d'une victime
Les événements remontent à mars dernier, lorsqu'un homme d'une quarantaine d'années a quitté un salon de massage situé dans le Grésivaudan, sous le choc. En état de détresse, il s'est rendu dans une brigade de gendarmerie pour déposer plainte. Lors de son audition, il a raconté que son masseur lui avait imposé des gestes inappropriés durant une séance de massage ayurvédique, notamment en le masturbant. Ce témoignage, empreint d'émotion, a fait réagir les enquêteurs, qui ont rapidement ouvert une enquête.
Des accusations qui font débat
Les accusations portées contre ce masseur ne se limitent pas à un seul témoignage. Un second client a également révélé des faits similaires, renforçant ainsi le dossier contre lui. Le procureur a requis une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et une amende de 75 000 euros. La nature des gestes reprochés suscite des discussions au sein du tribunal, opposant la notion de soin à celle d'agression. Ce procès soulève des questions importantes sur la déontologie dans le domaine du bien-être et sur les limites à ne pas franchir dans une pratique qui, en théorie, vise à apporter détente et sérénité.


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