Grenoble : logo actu locale.fr
Actualités en FRANCE > GRENOBLE
concert protest
Image à des fins esthétiques. ⚠️ Signaler la photo ou l'article comme inapproprié - 🤖 Image générée par intelligence artificielle.

Publication le 19 juillet 2026 · Mis à jour le dimanche 26 juillet 2026 dans la rubrique Grenoble

Interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble par des manifestants pro-palestiniens, enquête ouverte

Le concert de Barbara Butch à Grenoble a été interrompu par des manifestants pro-palestiniens, entraînant une enquête et des tensions vives. Découvrez les détails.

Grenoble : le concert de Barbara Butch interrompu, une enquête ouverte

Samedi soir, le concert de la DJ Barbara Butch au Cabaret Frappé a tourné court. Vingt minutes à peine après le début du set, des manifestants pro-palestiniens ont contraint l'artiste à quitter la scène. Un adjoint au maire qui porte plainte. Un parquet qui ouvre une enquête. Et des collectifs militants qui assument l'appel au boycott. Retour sur une soirée sous tension.

Une soirée qui bascule en vingt minutes

Les faits se déroulent le 18 juillet, dans le cadre du festival Cabaret Frappé organisé par la ville de Grenoble. Barbara Butch commence son show. Mais une centaine de militants pro-palestiniens débarquent. Des projectiles sont lancés sur la DJ. La situation dégénère. Alexis Monge, adjoint à la culture, est sur place. « C'était difficile de maintenir le concert, raconte-t-il. Nous avons été forcés de l'interrompre en raison de projectiles lancés sur Barbara Butch. Nous tenions à protéger la liberté de programmation et de création. » Il monte sur scène pour dire que c'est inacceptable.

L'association Retour de Scène, qui programme le festival, publie un communiqué. Elle précise que « déprogrammer sur la base d'opinions est un acte fort qui reviendrait à faire des organisations culturelles des arbitres idéologiques ». Elle comprend néanmoins que la prestation de l'artiste suscite des réactions.

Boycott et liberté d'expression : le conflit de points de vue

Les militants ne débarquent pas par hasard. Ils dénoncent le soutien de Barbara Butch à la proposition de loi Yadan, un texte finalement retiré par le gouvernement en avril dernier. Objectif affiché : lutter contre l'antisémitisme. Mais ses détracteurs y voyaient une menace pour la liberté d'expression. L'appel au boycott est porté par plusieurs collectifs et organisations : Solidaires Isère, l'Union communiste libertaire, Grenoble en lutte, l'Union juive française pour la paix ou encore l'AG féministe 38. La France insoumise soutient aussi le mouvement.

Allan Brunon, élu insoumis de la ville de Grenoble, défend la mobilisation. « C'est notre liberté d'expression de dire que nous ne sommes pas d'accord, explique-t-il. Ce n'est pas madame Barbara Butch qui est censurée. Ce sont toutes les personnes qui luttent contre le génocide à Gaza qui sont censurées aujourd'hui dans notre pays. » Un positionnement qui entre en collision frontale avec celui de la mairie.

La mairie et l'adjoint portent plainte, le parquet enquête

La mairie de Grenoble ne reste pas les bras croisés. Alexis Monge dépose plainte. La ville en fait de même. Le parquet de Grenoble annonce l'ouverture d'une enquête pour « délit d'entrave concertée aux libertés ». Un message clair : pour les autorités municipales, l'interruption du concert n'est pas un acte militant légitime, mais une entrave caractérisée à la liberté d'expression et à la liberté de création.

L'adjoint à la culture insiste. Il justifie la programmation de Barbara Butch par des raisons de « liberté de programmation et de création ». L'élu ne cède pas sur le fond. La ville assume son choix artistique et refuse que des pressions extérieures dictent sa programmation culturelle.

Une enquête est donc en cours. Les projectiles lancés sur l'artiste, l'entrée en force des militants, l'interruption brutale du concert : tout cela est désormais entre les mains de la justice. Reste à savoir si la qualification pénale d'entrave aux libertés sera retenue.

Ce samedi soir au Cabaret Frappé, deux conceptions de la liberté d'expression se sont affrontées. D'un côté, celle d'une ville qui défend le droit de programmer un artiste sans céder aux injonctions politiques. De l'autre, celle de militants qui estiment que le boycott est une réponse légitime face à ce qu'ils jugent être un génocide à Gaza. L'enquête dira si ce conflit d'opinion a franchi la ligne rouge de la loi.


Notez la rédaction de cet article !

Pertinence, clarté, qualité rédactionnelle

Ajouter un commentaire
Partenaires
Boostez votre visibilité !
Placez votre publicité ici et atteignez des habitants locaux.
Contactez-nous dès maintenant pour discuter des options de partenariat adaptées à votre marché !

Newsletter actualité Grenoble

Gratuit, inscrivez-vous pour recevoir les actualités de Grenoble directement dans votre boîte mail.

Désinscription possible à tout moment.

Grenoble : Plus d'articles