Publié le lundi 27 juillet 2026 dans la rubrique Grenoble
Permis de conduire en Isère : des délais d'attente insupportables pour les jeunes
À La Buisse, en Isère, Laly patiente depuis décembre pour une seconde chance au permis de conduire. À 18 ans et demi, cette aide-soignante risque d’attendre jusqu’à dix mois avant de repasser l’examen.
Un parcours semé d’embûches
Laly a échoué à sa première tentative en décembre dernier. Depuis, elle attend une nouvelle convocation. « Mon auto-école m’a dit pas avant septembre, voire plus loin encore », raconte-t-elle. Elle n’a pas de nouvelles, doit les relancer. Pour l’instant, ce délai ne bloque pas son quotidien : elle travaille près de chez elle, à Voiron.
Mais la situation pourrait basculer à la rentrée. Laly espère intégrer le Centre hospitalier de Grenoble après ses résultats scolaires. « Si je rate encore, je ne sais pas comment faire, confie-t-elle. Il n’y a pas suffisamment de transports en commun la nuit pour aller jusque-là. » Une angoisse partagée par bien d’autres candidats.
Un phénomène généralisé en Isère
Son cas n’est pas isolé. Dans le Nord comme dans le Sud du département, plusieurs personnes interrogées rapportent des délais comparables. La moyenne nationale tourne autour de 80 jours. En Isère, l’attente peut grimper à dix mois. Un écart qui interroge, d’autant que la loi Macron de 2015 – alors que l’ancien ministre était à Bercy – avait promis des réformes pour fluidifier le système.
Ces délais allongés pénalisent surtout les jeunes actifs, dépendants de la voiture pour accéder à un emploi ou à une formation. Laly illustre cette difficulté : sans permis, l’hôpital de Grenoble devient quasiment inaccessible en horaires décalés. Elle croise les doigts pour ne pas rater une nouvelle fois, mais l’incertitude pèse lourd.


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