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Publié le mercredi 30 septembre 2026 dans la rubrique Marseille

La justice reconnaît comme "crime contre l'humanité" les rafles menées en 1943 à Marseille

La justice française a officiellement reconnu, le 30 septembre, les rafles qui se sont déroulées à Marseille en janvier 1943 comme des "crimes contre l'huma

La justice française a officiellement reconnu, le 30 septembre, les rafles qui se sont déroulées à Marseille en janvier 1943 comme des "crimes contre l'humanité". Cette décision marque une avancée significative pour les survivants et leurs descendants, qui réclamaient cette reconnaissance depuis de nombreuses années. Les opérations avaient été orchestrées dans le quartier du Vieux-Port et dans le quartier Saint-Jean, sous l'autorité nazie et avec la collaboration du régime de Vichy.

Une enquête historique

En 2019, une enquête judiciaire a été ouverte pour faire la lumière sur ces événements tragiques. Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a précisé que l'enquête n'a pas permis d'identifier des responsables vivants liés à ces rafles. Cependant, la qualification de "crime contre l'humanité" a été clairement établie, incluant les actes de pillage et la destruction de 1 500 immeubles par dynamitage.

Témoignages de survivants

Les témoignages des survivants de cette rafle sont poignants. Antoine Mignemi, âgé de 89 ans, a exprimé sa gratitude envers la justice française pour avoir reconnu la tragédie vécue à Marseille. Leurs récits évoquent des souvenirs douloureux, tels que le fait d'être entassés dans des wagons à bestiaux, sans savoir où ils allaient.

Les événements de janvier 1943

Les rafles se sont étendues du 22 au 24 janvier 1943, touchant environ 20 000 personnes. Plusieurs milliers d'entre elles ont été temporairement internées à Fréjus, dans le Var, et environ 1 600 ont été déportées. Ce processus a été soutenu par une stratégie nazie visant à éradiquer ce qui était perçu comme une résistance, notamment dans des quartiers pauvres et à forte population immigrée.

Une reconnaissance tardive

Le procureur Christen a souligné que ces événements demeurent "relativement inconnus" du grand public, malgré leur ampleur. L’enquête a révélé l'implication de 12 000 membres des forces de police et de gendarmerie françaises, ainsi que de 150 agents de unités collaborationnistes. Tous ces individus sont aujourd'hui décédés ou n'ont pas pu être clairement identifiés pour leur rôle dans ces atrocités.

Un acte symbolique fort

Bien que la procédure ait été classée sans suite en raison de l'absence de responsables pénalement poursuivables, cette décision judiciaire est perçue comme une réparation symbolique. Pascal Luongo, avocat à l'origine de la plainte, a salué le travail accompli et a souligné l'importance de faire connaître ces faits à tous les Français. Cette reconnaissance contribue à apaiser les souffrances des victimes et à leur donner une voix qui a longtemps manqué.


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