Publié le mercredi 26 août 2026 dans la rubrique Marseille
Marseille : Une crise alarmante des familles sans-abri
À Marseille, la situation des familles sans-abri est alarmante. Avec plus de 2 300 enfants dormant dans la rue en France, dont 20% ont moins de trois ans, la ville fait face à un besoin urgent d'hébergement d'urgence. Un récent rapport de l'Unicef France et de la Fédération des acteurs de la solidarité met en lumière cette crise, alors même que Marseille ne dispose que de 4 000 places d’hébergement d’urgence.
Des témoignages poignants
Armani, un garçon de 7 ans, vit dans la rue depuis sa naissance. Il partage son quotidien difficile avec sa mère et sa petite sœur de 3 ans. "Quand on fait la manche, parfois on nous donne à manger, parfois on ne mange pas jusqu'au lendemain matin," raconte-t-il, assis près d'un mur sur la Cannebière. Ce témoignage illustre la précarité dans laquelle se trouvent de nombreuses familles à Marseille, désireuses de trouver un logement stable.
Un appel à l'aide en vain
Robert Christin, bénévole au Secours catholique, constate chaque jour l'ampleur du désespoir. Il insiste sur la nécessité de faire remonter les informations des familles auprès des autorités. "Trouver un toit aux enfants qui vivent dans la rue est une obligation de l'État," souligne-t-il. Cependant, le manque de places d’hébergement est criant, tant à Marseille que dans d'autres villes françaises. "Nous demandons que les femmes et les enfants soient mis à l'abri," ajoute-t-il.
Le 115, une ligne de secours trop souvent inopérante
Les bénévoles font face à une autre problématique : convaincre les familles d'appeler le 115. Francis Vernède, directeur régional de la Fondation pour le logement, explique que les déceptions s'accumulent. "On peut passer 40 minutes, une heure, voire une heure trente au téléphone, pour finalement apprendre qu'il n'y a pas de place disponible," déplore-t-il. Cette situation pousse de nombreuses personnes à ne plus composer ce numéro d’urgence, certaines n’ayant même jamais tenté de l’appeler.
Des solutions d'urgence insuffisantes
Face à cette crise, la Fondation pour le logement propose des solutions temporaires, notamment pour les femmes enceintes ou celles ayant de jeunes enfants. "Parfois, nous hébergeons ces familles à nos frais pour leur offrir un répit," précise Vernède. Toutefois, il souligne également une défaillance inquiétante de l'État dans la gestion de cette situation. Dans les Bouches-du-Rhône, des rumeurs circulent sur la fermeture potentielle d'hébergements d'urgence dans le but de réduire les coûts. Cela pourrait entraîner la perte de jusqu'à 800 places.
Un avenir incertain
La détresse des familles à la rue à Marseille est un reflet d'une crise plus large qui touche la France entière. Les chiffres du baromètre de l'Unicef ne capturent pas l'ampleur de la situation, notamment le nombre de personnes qui abandonnent l'idée de demander de l'aide. Les associations et bénévoles se battent au quotidien pour offrir un soutien aux plus vulnérables. Mais sans une réponse adéquate de l'État, l'avenir de ces familles reste incertain.


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