Publié le lundi 11 mai 2026 dans la rubrique Montpellier
Boualem Naman, influenceur montpelliérain, face à la justice pour incitation à la violence sur TikTok
L'influenceur algérien Boualem Naman, connu sous le pseudo "Doualemn", fait face à de nouvelles poursuites devant la cour d'appel de Montpellier (Hérault). Cette affaire, qui dure depuis plusieurs mois, est marquée par des accusations d'incitation à la violence à travers des vidéos publiées sur TikTok. Malgré les tentatives de l'État pour l'expulser vers l'Algérie, Boualem Naman reste en France, assigné à résidence tandis qu'il subit des répercussions néfastes dans sa vie personnelle et professionnelle.
Les accusations et la réaction de l'influenceur
Accusé d'avoir incité à des violences contre un opposant à la politique algérienne, le septuagénaire a été condamné à cinq mois de prison avec sursis. Boualem Naman conteste cette décision, se défendant en affirmant qu'il n'avait pas l'intention d'encourager des actes de violence. Sur les vidéos mises en avant par les autorités, il semble faire référence à un besoin de "donner une guetla" à un contestataire, une expression qu'il précise avoir toujours interprétée comme une "petite correction", sans connotation violente.
Le parcours de Boualem Naman
À 60 ans, Naman se décrit comme un ancien toxicomane réhabilité, ayant déménagé en France il y a quarante ans. Il évoque avec émotion sa perte de statut, ayant vu son travail et son titre de séjour menacés depuis les poursuites. Assigné à résidence chez sa fille, il suit des soins psychiatriques, témoignage de son désespoir face à une situation qu'il considère comme une injustice. Le tribunal s'intéresse à son passé, mais ce sont bien ses récentes interventions sur les réseaux sociaux qui sont au cœur des débats.
Les enjeux politiques et sociaux
Cette affaire dit beaucoup des tensions qui peuvent exister entre la France et les diasporas algériennes. Boualem Naman, avec 138 000 abonnés sur TikTok, exerce une influence, et le procureur considère qu'il a le pouvoir d'inciter ses suiveurs à agir. Le président de la cour d'appel a exprimé des inquiétudes sur l'impact de ses paroles, rappelant que son statut d'influenceur amplifie ses propos. En réponse, Naman admet ne pas avoir anticipé les conséquences de ses interventions.
Pour sa défense, l'avocat de Naman argue qu'il n'y a pas eu d'intentionnalité dans son discours et dénonce l'usage disproportionné des forces de l'ordre pour l'appréhender. De son côté, l'avocat général a requis une peine similaire à celle initialement donnée, renforçant l'idée que la responsabilité de l'influenceur est engagée face à un public potentiellement réceptif à ses messages.
La cour d'appel se prononcera sur cette affaire le 2 juillet, alors que Boualem Naman fait face à une incertitude supplémentaire avec deux procédures en cours auprès du tribunal administratif concernant son titre de séjour et l'arrêté d'expulsion. Il a affirmé ne plus vouloir s'impliquer dans les réseaux sociaux, constatant que cette sphère n'est plus pour lui à son âge.

