Publié le jeudi 21 mai 2026 dans la rubrique Montpellier
Démolition d'une construction illégale à Villeneuve-lès-Maguelone : l'État intensifie la lutte contre la cabanisation
Un changement radical a eu lieu près de Montpellier, à Villeneuve-lès-Maguelone, où la préfecture de l’Hérault a lancé une opération visant à éradiquer la cabanisation, un phénomène de constructions illégales dans les espaces protégés.
Intervention des forces de l'ordre
Ce jeudi 21 mai, dès l’aube, les gendarmes sont intervenus sur un terrain de 1 400 m2. Après avoir sécurisé la zone, ils ont permis aux équipes de démolition de commencer leurs travaux. Les démolisseurs ont déblaie de nombreux véhicules avant d’attaquer la destruction de tout ce que contenait le site, incluant grillages, préau et le bâtiment principal, le tout en quelques heures.
Cadre juridique de l'opération
Marin Lassalle, le sous-préfet de l’Hérault, a précisé que cette opération de démolition répondait aux injonctions de la justice, s'appuyant sur deux décisions prises respectivement en 2018 et 2023. Le terrain avait été déclaré inconstructible, étant situé en zone PPRI (plan de prévention des risques d'inondation) rouge. Les propriétaires se trouvent aujourd'hui confrontés à des astreintes dépassant les 200 000 €, accumulant entre 500 et 1 000 € chaque jour en raison de leur non-respect des ordres de démolition.
Les conséquences de la cabanisation
Bien que le terrain ne servait pas de logement, il contenait diverses structures prohibées, tels qu'un poulailler, une cuisine extérieure, un espace de jeux pour enfants et même une piscine hors-sol. La mise en conformité des lieux se monitore généralement : lorsque la justice ordonne une remise en état, plus de 60 % des propriétaires réussissent à se conformer dans les trois ans qui suivent.
Les outils de lutte contre les constructions illégales
L'État a développé plusieurs solutions pour lutter contre la cabanisation, notamment les drones cartographiques appelés "Aigle" pour identifier les infractions, ainsi qu'un outil dénommé "Lucca", destiné aux élus pour établir des procès-verbaux. Marin Lassalle souligne l’importance de ces mesures, rappelant que ces actes illégaux mettent en danger non seulement l’environnement, mais aussi la sécurité des résidents, notamment en matière de raccordements aux réseaux d’eau et d’électricité.
Un problème en forte expansion
La lutte contre la cabanisation se déroule dans un cadre plus large avec une charte départementale impliquant 72 communes et deux communautés urbaines, centrée principalement sur le littoral du département. Le phénomène, se traduisant par 200 à 500 nouvelles parcelles chaque année, touche actuellement environ 30 000 parcelles, où se succèdent maisons, mobile-homes, et cabanons. Marin Lassalle fait état d'une évolution de ce phénomène qui a d'abord prospéré sur la côte héraultaise avant de se déplacer vers l'arrière-pays et le long des grands axes routiers.
Des chiffres alarmants en 2025
Les statistiques parlent d’elles-mêmes : l’Hérault figure parmi les départements les plus affectés, avec 231 procès-verbaux établis par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) en 2025. En outre, on dénombre 53 décisions judiciaires et 8 démolitions, avec des astreintes pénales atteignant presque 1,94 million d’euros. Malgré ces actions de justice et la démolition de constructions, la cabanisation continue de croître dans le département.

