Publié le mardi 08 septembre 2026 dans la rubrique Montpellier
"Éviter l’amnésie collective" face à la disparition de la palourde dans le bassin de Thau, des ateliers citoyens et artistiques lancés
La palourde Ruditapes decussatus a presque totalement disparu de l'étang de Thau, situé dans l'Hérault. Ce mollusque, qui soutenait autrefois près de 400 pêcheurs, est en déclin depuis environ quinze ans, comme l'indiquent les recherches menées par l'Ifremer. Ce constat alarmant a conduit des scientifiques à s'interroger sur les causes de cette disparition, notamment Franck Lagarde et Valérie Derolez, qui ont collaboré à une étude révélant un effondrement généralisé de cette espèce. Ils appellent à la mise en place de réseaux scientifiques entre l'Europe et l'Asie pour partager et croiser les différentes hypothèses concernant les facteurs de déclin.
Facteurs de déclin de la palourde
Plusieurs éléments pourraient expliquer la disparition des palourdes dans le bassin de Thau. Parmi eux, on trouve la propagation d'espèces exotiques, des épidémies, des vagues de chaleur marine et des modifications des réglementations concernant les pêcheries. Ces phénomènes pourraient interagir entre eux, aggravant ainsi la situation de cette espèce emblématique.
Initiatives pour freiner la disparition
Pour contrer cette amnésie collective face à la disparition de la palourde, plusieurs projets sont en cours. Le programme CLAM-EU, récemment lancé, associe art et science pour créer une dynamique autour de la palourde européenne. Selon Franck Lagarde, ce programme vise à innover en science pour trouver des solutions à la crise actuelle. Ce projet a été sélectionné parmi 650 candidatures dans le cadre de l’appel à projets PartArt4OW, financé par l'Union Européenne.
Collaboration entre scientifiques et artistes
Le programme CLAM-EU unit des chercheurs de l’Ifremer, comme Franck Lagarde, et des universitaires tels que Bastien Mérigot, ainsi que des artistes. Parmi ces derniers, la peintre Françoise Dagorn et la pianiste Stéphanie Elbaz participent à cette initiative. Le projet implique aussi divers acteurs du bassin de Thau, dont des pêcheurs, des étudiants et des organisations locales, comme le lycée de la Mer et le syndicat du Bassin de Thau.
Ateliers de création participative
Dans le cadre de ce programme, six ateliers de création sont prévus, ouverts à tous, pour réaliser des œuvres artistiques collectives. Ces ateliers, qui auront lieu du 14 au 26 septembre au pôle universitaire de Michèle-Weil de Sète, permettront aux participants d'explorer la musique à travers des instruments fabriqués à partir de coquillages et de matières naturelles. D'autres activités incluent la création de toiles mêlant cartes marines et coquilles de palourdes.
Recherche sur la restauration de l'habitat
En parallèle, des chercheurs et des étudiants en BTS Pêche et Gestion de l’environnement marin étudient le potentiel du Careshell, un substrat élaboré à partir de coquilles d’huîtres, pour restaurer l'habitat de la palourde. Ce projet est actuellement testé sur trois sites dans le bassin de Thau, notamment à l'Ifremer et au lycée de la mer.
Événements à venir
Les efforts déployés dans le cadre de CLAM-EU donneront lieu à une conférence scientifique, un concert et une exposition du 3 au 11 décembre prochain. Ces événements visent à sensibiliser le public aux enjeux environnementaux liés à la disparition de la palourde. De plus, une restitution est prévue lors des PartArt4OM Demo Days à Barcelone, renforçant ainsi la visibilité de cette problématique à l’échelle européenne.


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