Publié le vendredi 28 août 2026 dans la rubrique Montpellier
Identifié 400 fois près d’une prison de l’Hérault en deux mois, il approvisionnait en drogues et téléphones les détenus avec des drones
À Montpellier, dans l'Hérault, un homme a été interpellé pour avoir approvisionné des détenus en drogues et en téléphones grâce à des drones. Omer T., un Turc de 35 ans, a été pris en flagrant délit en août 2025 alors qu'il préparait des livraisons avec son cousin, Isa T., âgé de 37 ans. Cette affaire met en lumière l'essor de la livraison par drones, un phénomène de plus en plus fréquent autour des établissements pénitentiaires.
Un système de livraison bien rodé
La perquisition du garage d'Omer T. a révélé un arsenal impressionnant : huit drones, 36 télécommandes, plusieurs dizaines de batteries, ainsi que 42 colis prêts à être expédiés. Parmi ces colis, les policiers ont découvert 1,2 kg de résine de cannabis, 14 g de cocaïne, des couteaux en céramique et une quinzaine de téléphones. Chaque colis portait le surnom du détenu destinataire, tels que "DZ", "El Chapo" ou "London".
Un individu sous contrôle judiciaire
Malgré un contrôle judiciaire qui lui interdisait de s'approcher des prisons, Omer T. a été identifié à 423 reprises en deux mois à proximité d'établissements pénitentiaires à Grasse, Nîmes, Béziers et Villeneuve-lès-Maguelone. Son comportement récurrent a suscité l'attention des forces de l'ordre, notamment de la division de la criminalité organisée de la police judiciaire de Montpellier.
Des réseaux sociaux comme outils de communication
L'enquête a également mis en lumière l'utilisation des réseaux sociaux pour coordonner ces livraisons illégales. Omer T. avait déjà été repéré sur des plateformes comme Snapchat, TikTok et Telegram, où il recrutait des "droneurs" pour ses opérations. Ces jeunes, souvent peu expérimentés, peuvent être manipulés par des individus plus aguerris dans le milieu.
Une dynamique inquiétante
La cour d'appel de Montpellier a récemment prolongé la détention provisoire d'Omer T., qui, lors de son audience, a choisi de garder le silence et a refusé de fournir le code de son téléphone portable. L'inquiétude grandit parmi les autorités face à ce phénomène, notamment en raison du profil des jeunes impliqués dans ces opérations, souvent sans antécédents judiciaires majeurs.
Un phénomène en pleine expansion
Ce type de trafic semble s'organiser de manière sophistiquée. Les enquêteurs notent qu'il existe une véritable dynamique de recrutement et de formation de nouveaux "droneurs", souvent via des petites annonces sur les réseaux sociaux. Ces jeunes sont alors mis en relation avec des clients, sans toujours savoir ce qu'ils transportent. Cette situation pose des questions sur l'avenir de la sécurité dans les prisons.
Me Majid Diab, avocat pénaliste à Montpellier, souligne que cette situation est préoccupante. Les jeunes impliqués dans ces livraisons risquent des poursuites judiciaires et se retrouvent souvent derrière les barreaux aux côtés des détenus qu'ils approvisionnent. Le phénomène des livraisons par drones en milieu pénitentiaire est loin d'être résolu, et chaque nouvelle interpellation rappelle l'ampleur de ce défi pour les forces de l'ordre.


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