Publié le vendredi 09 octobre 2026 dans la rubrique Nantes
Contamination de l'eau potable : le 1,2,4-triazole inquiète en Loire-Atlantique
Nouveau polluant détecté
À Saint-Michel-Chef-Chef, Masserac et Saffré, des campagnes d’analyse ont révélé la présence inquiétante d’un nouveau contaminant dans l’eau potable. Le 1,2,4-triazole, une molécule dérivée de la dégradation de pesticides agricoles, a été détecté à plusieurs reprises entre décembre 2025 et août 2026. Ce constat soulève des interrogations quant à la qualité de l’eau potable dans le département de la Loire-Atlantique.
Analyse des résultats
Atlantic'eau, le service public de l'eau potable qui dessert 148 communes de la Loire-Atlantique, a mené des tests pour identifier la présence de ce métabolite. Bien que des résultats aient montré des niveaux inférieurs à la limite réglementaire de 0,10 µg/L à Ancenis, Basse-Goulaine, Soulvache, Machecoul et Saint-Mars-du-Désert, des dépassements ont été constatés. À Saint-Michel-Chef-Chef, un dépassement à 0,11 µg/L a été mesuré en janvier 2026. À Massérac, il a atteint 0,14 µg/L en avril 2026, tandis que Saffré présente la situation la plus préoccupante avec des valeurs allant jusqu’à 0,23 µg/L.
Problèmes de traitement
Les experts s’inquiètent des difficultés à traiter ce polluant. Mickaël Derangeon, vice-président d'Atlantic'eau, souligne que les méthodes de filtration traditionnelles, comme les filtres à charbon actif, ne sont pas efficaces pour éliminer le 1,2,4-triazole. D'autres technologies, telles que l'osmose inverse, montrent une efficacité limitée et nécessitent un investissement financier important.
Suivi et surveillance renforcés
Face à cette situation, Atlantic'eau a décidé d'intensifier les surveillances. Frédéric Millet, président d'Atlantic'eau, a annoncé qu’à partir d’octobre 2026, un suivi mensuel de la molécule sera mis en place sur l’ensemble des ressources en eau. L’organisme s’engage également à identifier les sources de contamination afin de prévenir la présence de ce polluant dans l’eau potable.
Risques pour la santé publique
Le 1,2,4-triazole est classé comme « métabolite pertinent » par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), qui a fixé une limite de qualité à 0,10 µg/L dans l'eau potable. Les autorités européennes l’ont également classé comme "reprotoxique 1 B", ce qui signifie qu'il est présumé toxique pour la reproduction. Ces classifications soulignent l’urgence d’agir pour protéger la santé des consommateurs.
Engagement pour une eau sans pesticide
Atlantic'eau se positionne en faveur d'une politique de zéro pesticide sur les aires d’alimentation de captage de l’eau. Pour cela, l’organisme propose des compensations financières et des soutiens économiques durables à l’agriculture locale. Cette initiative vise à réduire la présence de produits phytopharmaceutiques et à garantir une meilleure qualité de l’eau pour les habitants de la Loire-Atlantique.


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