Publié le lundi 07 septembre 2026 dans la rubrique Nantes
Destruction d'arbres à Nantes : les riverains en colère face au CRA
La construction du centre de rétention administrative (CRA) de Nantes, situé à la frontière entre Nantes et Carquefou, a suscité de vives inquiétudes au sein des associations environnementales. L'autorisation environnementale a été accordée le 1ᵉʳ septembre, mais des recours juridiques ont déjà été déposés par des opposants au projet, qui se disent alarmés par les premières destructions d'arbres sur le terrain.
Des arbres abattus malgré la contestation
Les travaux ont effectivement commencé, alors que des recours sont en cours. Des témoins rapportent que des arbres ont été déracinés sur une bande de 20 mètres de large et 50 mètres de long, laissant place à des engins de chantier. Erell Olivio, membre de l'Association des riverains et amis de la Beaujoire et du collectif COLERE, dénonce cette démarche : "Ils font ça en toute impunité dans le dos de tout le monde." Il souligne que même si les opposants remportent leurs recours, il sera trop tard pour préserver les arbres déjà abattus.
Le choc des riverains
Sur le site, une mère et sa fille ont exprimé leur désespoir face à la destruction de deux arbres centenaires. "Jamais les compensations ne pourront remplacer une telle richesse de biodiversité", a déclaré la mère, tandis que sa fille de 8 ans, les larmes aux yeux, a ajouté : "C'est la forêt dans laquelle j'ai grandi. C'est horrible." Cette émotion palpable illustre l'attachement des riverains à ces espaces naturels, menacés par le projet.
Des avis défavorables des organismes
De nombreux avis d'organismes spécialisés ont été émis contre le projet, soulignant ses impacts environnementaux. Le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel des Pays de la Loire et la Commission locale de l'eau de l'Estuaire de la Loire ont notamment exprimé des réserves, sans que cela n'ait freiné la mise en œuvre du chantier.
Un projet gouvernemental controversé
Ce CRA fait partie d'une initiative plus large, le "plan CRA" mis en place par l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin. Ce plan prévoit la construction de sept nouveaux centres afin d'atteindre 3 000 places d'ici 2027. Cette ambition suscite des critiques, notamment en raison des répercussions sur l'environnement et la biodiversité locales.
Des actes de sabotage sur le chantier
Parallèlement, des tensions se sont intensifiées autour du chantier. Dix personnes ont été placées en garde à vue à Nantes, suspectées d'avoir dégradé le site en plantant des clous dans les arbres destinés à être abattus. Cette action vise à rendre la tâche plus difficile aux bûcherons et à attirer l'attention sur la destruction des espaces verts.
Silence de la préfecture
Contactée pour des commentaires, la préfecture des Pays de la Loire n'a pas encore répondu aux sollicitations. Ce silence renforce l'inquiétude des défenseurs de l'environnement, qui voient dans la rapidité des travaux une volonté d'ignorer les recours en cours.


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