
Publié le samedi 29 mars 2025
"Fraudes aux arrêts de travail : la CPAM met en échec 628 millions d'euros de malversations, dont 20 millions en Pays de la Loire"
En 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) a réussi à identifier et à stopper des fraudes s'élevant à 628 millions d’euros.
Dans la région des Pays de la Loire, 20 millions d'euros liés à des fraudes ont été détectés, marquant une augmentation de 35 % par rapport à l'année précédente.
Chaque jour, une équipe de dix enquêteurs opère sur le site pilote de la CPAM situé à Angers.
Ce service, entièrement confidentiel, regroupe des investigateurs, statisticiens et juristes qui œuvrent quotidiennement pour débusquer les actes frauduleux, en particulier sur les réseaux sociaux, où cirulent des réseaux de faux arrêts de travail.
Florian, statisticien, évoque l'existence de packs frauduleux proposés par des individus, contenant de fausses attestations de salaire et des arrêts maladie fallacieux.
Ces faux documents peuvent servir à des absences temporaires au travail ou, dans des cas plus graves, à des arrêts de longue durée, entraînant un préjudice pour l'Assurance maladie.
En Pays de la Loire, ces préjudices identifiés ou stoppés en 2024 atteignent 20 millions d'euros, avec plus de 3 000 dossiers traités et 289 actions judiciaires lancées.
Estelle Durand-Viel, responsable du contrôle fraude et du département juridique à la CPAM du Maine-et-Loire, met en lumière les fraudes observées principalement chez les professionnels de santé.
Certains audioprothésistes ont exploité l’opportunité du 100 % santé pour soumettre des facturations pour des prothèses auditives qui n'ont jamais été remises, ou pour créer des entreprises fictives destinées à facturer l'Assurance maladie.
Sophie Menestrier, directrice médicale régionale, souligne les dangers posés par la fraude, notamment lorsqu'un audioprothésiste douteux établit une fausse prescription pour un assuré souffrant de problèmes auditifs, sans l'examen d'un médecin qualifié, ce qui pourrait avoir des conséquences médicales graves.
Pour contrer la prolifération des arnaques en ligne, 60 cyberagents sont désormais déployés sur l'ensemble du territoire national, investis de pouvoirs de police judiciaire, ce qui renforce les efforts de lutte contre la fraude.