Publié le mercredi 02 avril 2025
Fusillade du Moonlight à Nantes : relaxe totale pour les prévenus malgré des incohérences dans l'enquête
La chambre correctionnelle de Rennes, spécialisée dans les affaires de crime organisé, a prononcé la relaxe des six prévenus liés à la fusillade survenue en 2019 dans le bar à chicha Moonlight à Nantes, qui avait entraîné la mort d'un homme.
Les juges ont accordé une « relaxe totale pour association de malfaiteurs » et une « relaxe partielle » pour ceux poursuivis pour des faits de trafic de drogue, selon les précisions d'un avocat de la défense.
Maître Benoit Poquet a exprimé un sentiment de « soulagement immense et de satisfaction » pour la défense collective qu'il a coordonnée avec ses confrères au cours des six dernières années.
Suite à l’événement tragique de la nuit du 22 au 23 avril 2019, cinq individus avaient été renvoyés devant les assises pour des charges de meurtre et de tentative de meurtre en bande organisée, mais ces poursuites ont été abandonnées en juin 2024.
Parmi les prévenus, Mohamed A., âgé de 30 ans et incarcéré pour une affaire distincte, était le seul à comparaître depuis sa détention.
Il a été condamné à une peine de deux ans de prison pour trafic de stupéfiants, tandis qu'un autre accusé a écopé de deux mois de prison ferme, ayant déjà purgé sa peine durant la détention provisoire.
L'affaire, mise en lumière par un conflit entre deux groupes rivaux au sein du narcotrafic, a été marquée par une série de fusillades dans la région, culminant avec la mort du serveur du Moonlight.
L’enquête, cependant, n’a pas permis d'identifier les tireurs, conduisant à un jugement centré sur l’association de malfaiteurs qui a révélé plusieurs incohérences dans le dossier.
L’avocat de la défense a évoqué la notion d’un possible complot policier durant ses plaidoiries, soulignant que des écoutes téléphoniques n’avaient pas été correctement retranscrites ou étaient inexactes, ce qui a conduit à la décision des juges.
En dépit de son admission auprès des enquêteurs concernant des actes de vente de drogue dans le passé, Mohamed A.
a constamment nié toute implication dans la fusillade du Moonlight.