Publié le lundi 31 août 2026 dans la rubrique Nantes
Poussière, nuisances sonores, pollution… Sur l'île de Nantes, l'écocentre agite les tensions entre les riverains et l'entreprise gestionnaire du site
Sur l'île de Nantes, dans le département de la Loire-Atlantique, l'écocentre suscite de vives tensions entre les riverains et l'entreprise qui gère le site. Destinée à valoriser les terres issues des chantiers environnants, cette infrastructure est loin de faire l'unanimité, tant les habitants dénoncent des nuisances diverses.
Nuisances sonores omniprésentes
À l'entrée de l'écocentre, un panneau affiche les engagements de l'entreprise pour limiter les nuisances et protéger l'environnement. Toutefois, pour Didier Richard, habitant du sixième étage d'un immeuble à proximité, ces promesses ne sont pas tenues. Le bruit des machines, notamment une concasseuse en fonctionnement, perturbe son quotidien. "C'est un bruit sourd, récurrent", déclare-t-il. Les riverains ne peuvent pas profiter de leurs appartements, surtout en fin d'été, car les fenêtres doivent rester fermées.
Poussière et pollution
Outre le bruit, la poussière générée par les activités de l'écocentre est une autre source d'inquiétude. "On a de la poussière tous les jours", se plaint Didier Richard, qui s'interroge sur la qualité de l'air qu'il respire. Les préoccupations sont d'autant plus vives lorsque la santé des enfants est en jeu, comme pour sa petite-fille qui évite les abords du site.
Des solutions proposées mais ignorées
Face à ces nuisances, plusieurs riverains ont suggéré que les activités de concassage se déroulent durant l'hiver, période où la pollution serait moins impactante. Cette proposition a été écartée, ajoutant à la frustration des habitants qui se sentent délaissés.
Transparence sur les matériaux traités
Didier Richard et d'autres riverains remettent en question la transparence de la gestion des matériaux sur le site. Ils affirment avoir observé des camions transportant des matériaux vers des carrières éloignées, loin de l'objectif initial de valorisation sur place. "On a estimé à 26 000 kilomètres le trajet parcouru par ces camions en août", précise-t-il, soulignant ainsi un écart entre les promesses de l'entreprise et la réalité sur le terrain.
Réactions de la Samoa
Guillaume Petit, directeur adjoint au projet urbain de la Samoa, reconnaît les nuisances sonores et assure que des capteurs sont en place pour surveiller la qualité de l'air et le niveau sonore. Il explique également que la forte activité actuelle de l'écocentre est liée à des projets de construction, notamment celui de la faculté de santé, qui nécessitent des matériaux en urgence.
Concernant les matériaux traités, la Samoa défend son engagement en matière d'économie circulaire, tout en reconnaissant que tous les matériaux ne peuvent être traités sur place. "On n'a pas la capacité à traiter 100 % des matériaux sur l'île de Nantes", admet Guillaume Petit.
Réunion entre riverains et élus
Pour tenter de résoudre ces problèmes, une réunion réunissant élus, riverains et responsables de la Samoa a eu lieu fin août. Les habitants espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte, sinon certains envisagent de saisir les autorités compétentes pour faire entendre leur voix.


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