Publié le mardi 02 juin 2026 dans la rubrique Normandie
Des chercheurs caennais développent un traitement par désensibilisation pour soigner le mal des transports
À Caen, dans le Calvados, un projet ambitieux se dessine pour lutter contre le mal des transports, un fléau qui touche environ une personne sur trois à travers le monde. Ce programme novateur a été lancé par le skipper Louis Duc, en marge de la Normandy Channel Race, et se déroule en collaboration avec le CHU de Caen.
Le mal des transports : un enjeu de santé publique
Le mal des transports, qu'il se manifeste en mer, sur la route ou même dans l'espace, est un véritable problème pour de nombreux individus. Louis Duc, qui a fait face à ce défi même en tant que passionné de navigation, souligne son impact sur les performances des marins. "Beaucoup de personnes, y compris des professionnels, sont freinées par ce mal, ce qui peut compromettre leur sécurité et leur confort à bord," explique-t-il.
Une étude scientifique en plein essor
Le projet, nommé Navelys, s'appuie sur des recherches menées par le professeur Stéphane Besnard, médecin et chercheur en neurosciences au CHU de Caen. Dans un chapiteau installé pour l'événement, il présente une plateforme de simulation utilisant la réalité virtuelle. Cette technologie permet d'analyser comment chaque individu réagit aux mouvements perturbateurs, en mesurant leur capacité à maintenir l'équilibre dans des conditions instables.
Des différences individuelles dans la perception du mouvement
Le professeur Besnard souligne que l'adaptation au mouvement varie considérablement d'une personne à l'autre. Certains individus, malgré leur mal de mer, parviennent à rester autonomes, tandis que d'autres sont totalement immobilisés. "Il est fascinant de voir que certaines personnes, malgré des conditions difficiles, conservent leur autonomie," note Duc. La recherche vise à comprendre pourquoi certains s'adaptent plus rapidement que d'autres, afin de développer des traitements efficaces.
Le développement d'un protocole de désensibilisation
Le programme Navelys se concentre sur l'élaboration d'un protocole de désensibilisation. Le professeur Besnard explique que cela implique un entraînement sensoriel où les participants sont exposés à des environnements simulant la mer. Ce processus vise à habituer le cerveau aux mouvements spécifiques liés à la navigation. "Nous voulons recréer ces conditions pour que le cerveau apprenne à les gérer," précise-t-il. Cependant, il reconnaît que cette méthode ne sera pas efficace pour tous, ce qui nécessite le développement de solutions complémentaires.
Une solution pour les professionnels et les amateurs
Ce traitement ne se limite pas aux marins professionnels. Il s'adresse également à ceux qui souffrent de mal des transports de manière occasionnelle, comme lors de voyages en voiture. "Pour les plaisanciers, cela peut être gênant, mais pour les scientifiques ou les travailleurs en mer, cela peut devenir un véritable obstacle," explique le professeur. Le projet vise donc à améliorer les conditions de travail en mer et à permettre à un plus grand nombre de personnes de profiter de la navigation sans crainte du mal des transports.
Au terme de trois années de recherche, le programme avance vers sa phase finale, dépendant d'un audit national qui pourrait prendre un an. Cette dernière étape est cruciale pour finaliser le protocole de désensibilisation, offrant un espoir aux personnes affectées par ce syndrome courant. Grâce à ces efforts, le monde maritime pourrait s'ouvrir à ceux qui souhaitent explorer la mer sans la peur du mal de mer. Louis Duc conclut en affirmant que ce projet pourrait transformer les vies de nombreux passionnés de navigation, rendant la mer accessible à tous.

