Publié le samedi 13 juin 2026 dans la rubrique Paris
Un informaticien jugé pour des deepfakes à Paris
Un procès attendu à Paris
Le 7 juillet prochain, un informaticien de 47 ans sera jugé au tribunal de Paris pour avoir géré un site internet diffusant des deepfakes à caractère sexuel. Ce dossier, d'une ampleur considérable, a été annoncé par la procureure Laure Beccuau, qui a mis en lumière les graves accusations pesant sur le prévenu.
Des chiffres alarmants
Le site en question, dénommé « CFake », a été créé en 2007 et a accumulé plus de 300 000 images et 7 000 vidéos. À raison de 50 nouvelles publications par jour, il a attiré environ 200 000 utilisateurs, générant près de 4 millions de vues mensuelles. Ce phénomène a conduit à l'identification de 14 000 victimes à travers le monde, dont des personnalités publiques telles que Brigitte Macron et Rachida Dati.
Une collaboration internationale
L'informaticien, dont le nom n'a pas été révélé, vivait à Nice avant son arrestation. Il a été repéré par les autorités américaines qui ont alerté leurs homologues français. Le serveur du site était hébergé aux États-Unis, ce qui a facilité l'intervention des forces de l'ordre. La procureure a souligné l'importance de la coopération internationale dans cette affaire, visant à protéger la dignité des personnes, tant en ligne que dans la vie réelle.
Des éléments matériels saisis
Lors de son arrestation le 10 juin, les policiers ont découvert chez lui 34,7 ethereum, représentant environ 48 521 euros. Cette somme proviendrait des revenus générés par la publicité sur le site. Une expertise technique sur cette cryptomonnaie est attendue pour éclaircir les modalités de ces gains illicites.
Des charges lourdes
Le prévenu, décrit comme un homme « jusque-là inconnu de la justice », a été placé en détention et devra répondre de plusieurs chefs d'accusation. Il risque jusqu'à sept ans de prison et une amende de 500 000 euros pour la gestion d'une plateforme de transactions illicites. De plus, il sera jugé pour la diffusion de contenus générés par traitement algorithmique à caractère sexuel sans le consentement des personnes concernées, encourant ainsi jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende en cas de diffusion en ligne.
La défense du suspect
Son avocat, Me Teddy Orlandi, conteste la nécessité de son incarcération, arguant que son client a un casier judiciaire vierge, est célibataire et sans enfant, et a développé une application de programme TV. Ces éléments pourraient jouer en sa faveur dans le cadre de son procès imminent.

