Publié le lundi 01 juin 2026 dans la rubrique Strasbourg
Accusations de harcèlement moral à l'EREA Henri Ebel : un climat de souffrance au travail
Des accusations de harcèlement moral secouent l’EREA Henri Ebel, un établissement régional d’enseignement adapté situé à Illkirch-Graffenstaden, dans le Bas-Rhin. Ce collège et lycée public accueille près de 200 élèves en difficulté scolaire, en situation de handicap ou issus de contextes sociaux et familiaux fragiles, pour les préparer à des formations professionnelles. Depuis plusieurs mois, des tensions internes empoisonnent le quotidien de l’équipe éducative.
Des accusations de harcèlement moral qui empoisonnent le climat
La directrice de l’établissement est visée par des accusations de comportements humiliants envers ses subordonnés. Plusieurs professeurs et agents administratifs déclarent avoir subi des propos dégradants. « Elle force les gens à partir », rapporte un membre de l’équipe enseignante, sous couvert d’anonymat. Ces pratiques, dénoncées comme du harcèlement moral, ont conduit à une multiplication des arrêts de travail, tant chez les enseignants que parmi le personnel administratif et la direction elle-même.
Des signalements ont été adressés au rectorat de l’académie de Strasbourg depuis plusieurs années, sans que cela ne mette fin à la situation. Les témoignages recueillis par Rue89 Strasbourg évoquent une souffrance au travail persistante, qui continue de fragiliser les équipes.
Une suspension vite annulée, un retour qui aggrave la situation
En décembre dernier, la directrice a été suspendue de ses fonctions. Mais cette mesure a rapidement été annulée. Elle exerce à nouveau son poste depuis. « Il y avait déjà une ambiance délétère avant sa mise à l’écart, mais depuis son retour c’est pire », confie un professeur. Le retour au sein de l’établissement n’a pas apaisé les tensions, bien au contraire. Les arrêts maladie se sont multipliés, signe d’un malaise persistant.
Des enquêtes en cours, administrative et pénale
Deux enquêtes distinctes sont ouvertes. Une enquête administrative est menée par le rectorat de Strasbourg. Une autre, cette fois au pénal, a été engagée. Leur issue est encore inconnue, mais elles témoignent de la gravité des faits reprochés. Les personnels en poste, ou ayant quitté l’établissement, attendent des mesures concrètes pour mettre fin à ce qu’ils décrivent comme un climat toxique.
Des témoignages anonymes par crainte de représailles
Une dizaine de professeurs ont accepté de témoigner, mais tous ont demandé à garder l’anonymat. La peur de représailles est réelle dans un petit établissement où les relations hiérarchiques sont directes. Leurs récits concordent : ils pointent une direction qui use d’humiliations et de pressions psychologiques répétées. Certains anciens collègues, partis depuis plusieurs années, confirment avoir déjà signalé ces agissements sans obtenir de réponse efficace.
L’EREA Henri Ebel, qui scolarise des jeunes vulnérables, se trouve aujourd’hui dans une situation où l’encadrement même est contesté. Les enseignants réclament des solutions durables pour que l’institution retrouve sa mission première : accompagner des élèves en difficulté. En attendant, le malaise persiste et les arrêts de travail continuent de désorganiser les équipes.

