Strasbourg : logo actu locale.fr
Actualités en FRANCE > STRASBOURG
Student protest
Image à des fins esthétiques. ⚠️ Signaler la photo ou l'article comme inapproprié - 🤖 Image générée par intelligence artificielle.

Publié le samedi 13 juin 2026 dans la rubrique Strasbourg

Accusée de soutenir les Frères musulmans, une doctorante empêchée de défendre son intégrité

À Strasbourg, dans le Bas-Rhin, une doctorante en sociologie devait défendre son intégrité devant le tribunal correctionnel le 11 juin. L’audience n’a p

À Strasbourg, dans le Bas-Rhin, une doctorante en sociologie devait défendre son intégrité devant le tribunal correctionnel le 11 juin. L’audience n’a pas eu lieu.

Une audience sans débat

Iman El Feki attendait ce jour depuis des mois. Le jeudi 11 juin, elle espérait un débat juridique. Ce débat n’est jamais venu. Le tribunal correctionnel n’a pas permis à la jeune chercheuse de s’expliquer publiquement sur des accusations portées contre elle.

Ces accusations remontent au 4 mars 2025. Ce jour-là, Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue affiliée au CNRS, publie sept phrases sur la plateforme X. Elle vise Iman El Feki. Les deux chercheuses ne se connaissent pas. Leurs travaux n’ont rien en commun.

Une méthode rodée

Florence Bergeaud-Blackler s’en prend régulièrement à des universitaires et à des institutions. Selon le journal Le Monde, elle a ciblé plus de cinquante confrères depuis 2022. Sa méthode est toujours la même. En quelques phrases, adressées à ses 68 000 abonnés, elle suggère des liens entre les personnes visées et les Frères musulmans ou l’islamisme. Son champ de recherche, justement, porte sur ces questions.

La mécanique est redoutable sur X. L’insinuation circule vite. Elle peut avoir des conséquences lourdes pour les personnes mises en cause. Cette pratique est loin des standards universitaires. Elle crée un malaise profond dans le monde scientifique.

Le cas d’Iman El Feki

Dans le message qui vise Iman El Feki, Bergeaud-Blackler écrit que la doctorante n’est pas « un cas isolé ». Elle ajoute que « l’idéologie frériste s’est installée dans les universités progressivement depuis trente ans ». Des affirmations lancées sans preuve, sans lien avec les travaux de la jeune femme.

Iman El Feki prépare une thèse en sociologie à l’Université de Strasbourg. Elle étudie les politiques publiques de lutte contre la radicalisation en milieu pénitentiaire. Pour accéder aux prisons du Grand Est, elle a obtenu toutes les habilitations nécessaires. Le processus de validation a impliqué plusieurs niveaux administratifs, jusqu’aux services du Premier ministre.

Le silence du CNRS

Le CNRS, employeur de Florence Bergeaud-Blackler, ne réagit pas. Pourtant, ces accusations répétées troublent le milieu de la recherche. Les chercheurs visés se retrouvent exposés, sans défense, face à une accusation d’islamisme lancée sur les réseaux sociaux. Iman El Feki, elle, n’a pas pu obtenir ce jour de juin le débat qu’elle espérait.


Partenaires
Boostez votre visibilité !
Placez votre publicité ici et atteignez des habitants locaux.
Contactez-nous dès maintenant pour discuter des options de partenariat adaptées à votre marché !

Newsletter actualité Strasbourg

Gratuit, inscrivez-vous pour recevoir les actualités de Strasbourg directement dans votre boîte mail.

Désinscription possible à tout moment.

Strasbourg : Plus d'articles