Publié le mercredi 17 juin 2026 dans la rubrique Strasbourg
La municipalité socialiste repousse la maison de santé prévue au quartier Laiterie
Strasbourg, Bas-Rhin – Le quartier Laiterie devait accueillir la neuvième maison de santé de la ville, un projet chiffré à 2,7 millions d’euros porté par une association locale depuis 2023. Mais la nouvelle municipalité socialiste a décidé de reporter sa réalisation, suscitant l’incompréhension des soignants et des habitants.
Un projet ficelé depuis des mois
Prévue rue du Ban-de-la-Roche, contre la voie ferrée, entre la Semencerie et le city stade, cette structure devait s’étendre sur 841 m² répartis sur quatre niveaux. Les plans, validés avec le cabinet d’architectes RCA, prévoyaient huit bureaux pour médecins, cinq pour orthophonistes, un espace mutualisé pour infirmiers et une zone de kinésithérapie. L’investissement global, voté en février par le conseil de l’Eurométropole, atteignait 2,7 millions d’euros.
Le projet ne sortait pas de nulle part. Porté par l’association présidée par le Dr Ève Grislin, il associait quatre médecins, quatre kinésithérapeutes, deux infirmières et la Mutualité française. Un comité de pilotage avait consulté la Région, les collectivités locales et l’Agence régionale de santé. « Il a longuement mûri », insiste Pierre-Olivier François, orthophoniste et membre de ce comité.
La municipalité change de cap
Paul Meyer, nouvel adjoint à la maire pour le quartier, a annoncé aux Dernières Nouvelles d’Alsace son intention de revoir la copie. Il souhaite une « structure plus large », qui intègrerait une salle de sport, une maison de services, une mairie de quartier, et surtout des locaux agrandis pour le centre socio-culturel. En clair, le projet initial est mis sur la glace.
Pas de date de reprise, pas de précisions sur le budget révisé. Contacté par Rue89 Strasbourg, Paul Meyer n’a pas donné suite.
Les soignants montent au créneau
Le Dr Ève Grislin s’étonne de ce revirement dans les colonnes des DNA. Elle rappelle l’urgence sanitaire dans ce quartier, où se concentrent logements sociaux et hébergements d’urgence. « Les besoins sont énormes », souligne-t-elle.
Pierre-Olivier François va plus loin. Il alerte sur le risque de perdre les professionnels de santé déjà mobilisés. « Une partie des médecins impliqués sont proches de la retraite. Si la maison n’est pas lancée, ils ne seront pas remplacés. » Il précise que trois médecins du quartier n’ont déjà pas pu transmettre leur cabinet.
Un rendez-vous urgent demandé
Le collectif a pris attache avec la mairie pour obtenir des réponses officielles. Un rendez-vous est espéré dans les plus brefs délais. En attendant, le projet de maison de santé, fruit d’une large concertation des acteurs du quartier, reste suspendu à une décision politique dont les contours sont encore flous.

