Publié le vendredi 25 septembre 2026 dans la rubrique Strasbourg
Le tribunal reconnaît le risque grave pour la santé des salariés de la clinique Saint-François
Un coup dur pour la direction de la clinique Saint-François à Haguenau, dans le Bas-Rhin. Le tribunal judiciaire de Strasbourg a tranché en faveur des représentants du personnel, validant la demande du Conseil social et économique (CSE) de l'établissement pour une expertise sur les risques graves pour la santé des salariés. Cette décision fait écho à une situation alarmante qui perdure depuis plusieurs mois au sein de la clinique.
Le jugement du tribunal
Le 24 septembre, la justice a donné raison au CSE, qui avait voté en mars 2026 pour une expertise sur les conditions de travail au sein de la clinique. Le directeur, Mathieu Ledermann, avait tenté de contrecarrer cette demande en la jugeant infondée, mais le tribunal a statué contre lui. En plus de reconnaître la légitimité de la demande d'expertise, il a condamné la clinique à verser 2 000 euros au CSE pour couvrir les frais juridiques engagés.
Témoignages accablants
Le jugement s'appuie sur des « 12 témoignages (…) concordants » fournis par le CSE. Ces témoignages mettent en lumière les souffrances des employés, illustrées par un nombre alarmant de démissions : 88 en 2023 et 2024 pour un effectif de 344 salariés, ainsi que 56 démissions en 2025. Le tribunal a également pris en compte les observations de l'inspectrice du travail et de la médecin du travail, qui avaient signalé un climat de souffrance au travail.
Conditions de travail dégradées
Les éléments recueillis révèlent des problèmes organisationnels majeurs au sein de la clinique. Le tribunal a évoqué des témoignages faisant état de surcharge de travail, de violence managériale et d’un climat de tension. Des expressions telles que « affrontement permanent » et des qualificatifs dénigrants à l'égard des employés ont été rapportés, illustrant un environnement de travail toxique.
Réactions des salariés
Laetitia Krummhorn, infirmière et membre du CSE, a exprimé son soulagement suite à cette décision judiciaire. Elle a dénoncé le temps perdu et l'aggravation des risques psychosociaux, rappelant une tentative de suicide parmi les collègues. Pour elle, cet incident tragique aurait dû inciter la direction à agir plus rapidement. Elle espère maintenant que l'expertise sur les risques psychosociaux pourra enfin démarrer.
Les arguments de la direction
De son côté, l'avocate de la fondation, Maître de Guio, a exprimé sa déception face à la décision judiciaire. Elle a regretté que de nombreux arguments avancés par la direction n’aient pas été pris en compte. À ce jour, Mathieu Ledermann n’a pas encore indiqué s’il comptait faire appel de cette décision.


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