Publié le vendredi 25 septembre 2026 dans la rubrique Strasbourg
L'éducation en Alsace face à une crise de sous-effectifs
Une situation préoccupante en Alsace
À Strasbourg, la Fédération syndicale unitaire (FSU) alerte sur un problème de sous-effectif parmi les professionnels de l'éducation, impactant directement l'aide aux élèves en difficulté. Valérie Wolff, responsable de la FSU pour les infirmières scolaires, souligne qu'en certaines zones rurales d'Alsace, une seule infirmière est chargée de plus de 3 000 élèves. Dans des établissements comme le collège Freppel à Obernai, il n'y a même pas d'infirmière. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la capacité des institutions à gérer des problèmes tels que le harcèlement et les violences sexistes.
Des besoins criants en personnel médical
La FSU insiste sur la nécessité d'augmenter les effectifs. Actuellement, l'académie de Strasbourg ne compte que 250 infirmières pour répondre aux besoins d'une population scolaire croissante. Pour atteindre un ratio acceptable d'une infirmière pour 1 300 élèves, il faudrait doubler le nombre de professionnels présents. Dans certaines zones à besoins élevés, un ratio d'une infirmière pour 500 élèves serait plus approprié.
Manque de psychologues scolaires
Géraldine Delaye, secrétaire départementale de la FSU, souligne également le déficit de psychologues scolaires dans le Bas-Rhin. Avec seulement trois postes pour le secteur Haguenau sud, qui regroupe 53 écoles, les élèves ne bénéficient pas du soutien psychologique nécessaire. Un poste est actuellement vacant, ce qui aggrave la situation pour les enfants en détresse.
Une inclusion scolaire insuffisante
Le manque de places dans les dispositifs Ulis, qui accueillent les élèves en situation de handicap, est un autre point soulevé par la FSU. Le rectorat n'a pas prévu de postes supplémentaires, alors que 692 élèves attendent d'être affectés. Ces jeunes, ayant reçu une notification de la MDPH, se retrouvent souvent dans des classes ordinaires sans l'accompagnement nécessaire d'un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap).
Des professionnels en difficulté
Le manque de moyens affecte également les AESH, qui doivent parfois suivre jusqu'à six enfants simultanément. Géraldine Delaye déplore que ces postes soient souvent mal rémunérés, avec des salaires inférieurs au SMIC en raison de temps de travail partiels. Cette précarité accentue les défis rencontrés par ces professionnels, qui peinent à offrir un suivi adéquat aux élèves.
Des solutions nécessaires
Pour améliorer la situation, la FSU propose la création de 568 postes en Alsace, comprenant 546 enseignants spécialisés en aide rééducative ou pédagogique, ainsi que 22 postes pour les dispositifs Ulis. Ces mesures permettraient de respecter l'objectif théorique du gouvernement, qui vise à limiter le nombre d'élèves par classe d'Ulis à 12. Valérie Wolff rappelle que ce sont les élèves les plus fragiles qui souffrent le plus de ce manque de moyens.


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