Publié le samedi 30 mai 2026 dans la rubrique Strasbourg
Locataires d'Ophéa en colère au siège : demandes non satisfaites et tension croissante
Des conditions de vie alarmantes
Dans le quartier de la Meinau à Strasbourg (Bas-Rhin), les locataires des appartements d’Ophéa expriment leur mécontentement face à des conditions de logement jugées désastreuses. Lors d'une réunion organisée par le Comité populaire d’entraide et de solidarité (CPES) le 18 mai dernier, des témoignages choquants ont émergé, notamment des images de murs moisis et une vidéo d’un rat apparu dans des toilettes. Ce rassemblement visait à mobiliser les habitants contre leur bailleur social, Ophéa, détenu par l’Eurométropole de Strasbourg.
Une rencontre tendue au siège d’Ophéa
Le jeudi 28 mai, les membres du CPES se sont réunis devant le siège d’Ophéa, déterminés à faire entendre leurs revendications. « On ne partira pas tant qu’Ophéa n’accepte pas nos demandes ! », scandait un participant. Dans un premier échange avec la direction, les représentants ont été avertis qu'aucune manifestation agitée ne serait tolérée. Une délégation de six personnes a ensuite été conviée à entrer dans le bâtiment pour une réunion officielle.
Témoignages de locataires et réponses des dirigeants
Dès le début de la réunion, les locataires ont partagé leurs expériences. Samantha a relaté des problèmes de moisissure, tandis que l'une de ses voisines, Chaba, a évoqué des soucis d’isolation et la non-réponse à sa demande de changement de radiateur. Khawla a, quant à elle, présenté une vidéo d'un rat sortant de ses toilettes. Elle a exprimé son désarroi face à l’odeur persistante de produits anti-moisissures dangereux pour la santé.
Adem, un adolescent de 16 ans, a également pris la parole. Il a évoqué la lenteur du processus de relogement qui a débuté lorsque sa mère en a fait la demande alors qu'il n'avait que deux ans. « Dans ce système, le refus devient une arme », a-t-il déclaré, manifestement épuisé par cette situation stagnante.
Des tensions lors des échanges
Le directeur de la gestion locative, Pascal Charpentier, a tenté de répondre aux préoccupations soulevées, reconnaissant partager la peine des locataires. Toutefois, il a fermement rejeté l'idée d’une stratégie délibérée d'Ophéa pour inciter aux refus de relogement. En réponse, Khawla a souligné : « Vous n’avez pas de problèmes à perturber nos vies ! » Charpentier a ensuite défendu les performances de son entreprise, citant des avis positifs sur Google.
Un manque de solutions concrètes
Bien que Charpentier ait promis d’examiner chaque dossier individuel, il a indiqué que les travaux de rénovation ne devraient pas commencer avant 2027. Anaïs, membre du CPES, n’a pas caché sa frustration, mentionnant que la délégation n'avait pas de solutions à proposer aux locataires restés en bas du bâtiment. Elle a demandé un abattement de trois mois sur les loyers, qui a été verbalement accepté par Charpentier.
Mobilisation et soutien insuffisant
À la sortie de la réunion, les membres du CPES ont fait état de leur déception face à un échange jugé peu constructif. Anaïs a critiqué la direction d’Ophéa pour ses méthodes d’action, qu'elle estime conçues pour ralentir le processus. Elle a affirmé que seule une organisation collective pourrait permettre d’avancer. Samantha a relevé un manque de soutien parmi les autres habitants, ajoutant que beaucoup hésitent à s'engager par crainte des répercussions. Emmanuel Fernandes, député La France insoumise, a renforcé ces propos, accusant la direction d’essayer d’entraver la dynamique collective. Le rassemblement s'est terminé avec la promesse de futures réunions de travail entre Ophéa et le CPES.

