Publié le jeudi 21 mai 2026 dans la rubrique Strasbourg
Mobilisation à Strasbourg contre l'augmentation des frais d'inscription des étudiants étrangers
À Strasbourg, une mobilisation s'intensifie autour de la question des frais d'inscription majorés pour les étudiants étrangers. La communauté universitaire se soucie des conséquences d'un décret proposé par le gouvernement qui alourdirait le coût des études pour les étudiants originaires de pays en dehors de l'Union européenne.
Une hausse jugée discriminatoire
Le gouvernement, sous l'égide de Philippe Baptiste, souhaite imposer une augmentation considérable des frais d'inscription pour les étudiants hors de l'UE. Ce décret a été présenté le 12 mai lors d'une réunion du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), qui avait été reprogrammée après un boycott des syndicats. En réponse, le CNESER a fortement rejeté cette proposition avec 62 voix contre et 2 pour.
Ce vote a révélé un large consensus contre une mesure perçue comme discriminatoire, liée à une vision préférentielle des nationalités. Cette décision soulève des questions fondamentales sur les valeurs d'inclusion et d'accès à l'enseignement supérieur qui définissent tant l'Université de Strasbourg que la ville elle-même.
Appels aux dirigeants
Dans une lettre ouverte, des étudiants et membres du personnel de l'université ont interpellé la Maire de Strasbourg et la Présidente de l'Université sur l'importance de défendre un modèle d’enseignement supérieur accessible. Ils remettent en avant des engagements déjà exprimés, tels que la nécessité de défendre l’université en tant que bien commun et de promouvoir la diversité au sein de la communauté universitaire. La Maire a récemment rappelé les risques que le décret fait peser sur l'établissement.
Des conséquences sur les étudiants
La situation actuelle est inquiétante. Cette année scolaire, entre 310 et 400 étudiants ont été touchés par les frais d’inscription majorés. Les répercussions ont été réelles et tragiques : 27 étudiants ont dû quitter l'université cet hiver pour des raisons financières, alors que d'autres sont dans l'incertitude quant à leur situation d'inscription.
On estime qu'entre 16 % et 20 % des étudiants soumis à ces frais pourraient être désinscrits, ce qui représente un véritable drame pour ces jeunes qui doivent jongler entre études et emplois précaires pour subvenir à leurs besoins.
Une réponse partielle et insuffisante
Le conseil d'administration de l'Université a tenté de limiter les effets de cette politique en appliquant le plan “Bienvenue en France”. Toutefois, malgré des projections indiquant que plus de 10% des étudiants pourraient bénéficier d’exonérations, la réalité est bien différente : seulement 9,8 % des étudiants ont effectivement obtenu cette aide.
Un appel à la résistance collective
Les signataires de la lettre demandent aux autorités de travailler main dans la main pour s'opposer à ces mesures. Ils font appel à l'humanisme rhénan qui doit guider leurs décisions et leurs actions, souhaitant voir la ville et l’université se dresser ensemble contre le décret envisagé.

