Publié le mercredi 07 octobre 2026 dans la rubrique Strasbourg
Mobilisation massive à Strasbourg : les lycéens font entendre leurs voix
Strasbourg a vibré au rythme des revendications des lycéens ce mardi 6 octobre, avec une mobilisation massive qui a rassemblé près de 10 000 personnes dans les rues du centre-ville, selon les organisateurs. Les participants, composés de lycéens, étudiants, enseignants et parents, ont exprimé leur mécontentement face à la situation actuelle de l’Éducation nationale.
Des jeunes déterminés
Djamila, mère d’un élève de seconde au lycée Jean Monnet, a accompagné son fils Yanis pour cette manifestation. Le jeune homme a énuméré les problèmes qu’il a constatés en seulement un mois d’école : « Les salles sont petites, on est 30 dedans et on n’aura pas de prof d’allemand la semaine prochaine. Je suis solidaire des lycées de toute la France. » Sa mère, tout en soutenant ses revendications, a insisté sur l’importance de la sécurité durant la manifestation.
Une mobilisation qui prend de l'ampleur
La foule, dense et enthousiaste, a défilé avec des pancartes et banderoles dénonçant l'attitude du gouvernement depuis le début du mouvement, qui a émergé à Paris mi-septembre. Les discussions au sein du cortège étaient marquées par des préoccupations sur le recours de la police à des armes non-létales contre les blocages de lycées à travers le pays. Fabienne, enseignante, a partagé son inquiétude pour son fils Xavier, tout en affirmant son soutien au mouvement.
Soutien des adultes et des professionnels
Des adultes de divers horizons étaient également présents. Thomas, violoniste à l’orchestre philharmonique, a choisi de porter un brassard blanc pour protéger les élèves. « L’Éducation nationale est un fondement de notre société », a-t-il déclaré. Bénédicte, professeure d’anglais, a témoigné des tensions croissantes lors des manifestations précédentes, évoquant une « guérilla » lors d’un récent rassemblement, où les CRS ont utilisé des gaz lacrymogènes sans discernement.
Les revendications en cœur
Les manifestants ont exprimé des revendications claires, notamment un meilleur financement de l’Éducation nationale, la suppression de la sélection à l’université via Parcoursup, et des conditions d’études décentes. Manon Aubry, eurodéputée, a souligné l’importance de la solidarité entre générations, tandis que Saba, lycéen, a affirmé que plus il y aurait de soutien, plus les revendications seraient entendues.
Des tensions au terme de la manifestation
À l’arrivée sur la place de la République, l’ampleur de la mobilisation était palpable. Toutefois, des tensions sont survenues lorsque des manifestants ont tenté de poursuivre le défilé, stoppés par des gaz lacrymogènes. Des affrontements ont eu lieu en fin de journée, avec des dégradations signalées, notamment des vitres brisées au McDonald's et dans une banque. La préfecture a fait état de neuf interpellations et d’un policier blessé.
Un appel au dialogue
Franck Leroy, président de la Région Grand Est, a proposé de rencontrer des lycéens pour discuter de leurs préoccupations, tout en précisant que la situation des lycées dans la région ne présente pas d’établissements en état critique. Il a tout de même condamné les violences associées au mouvement, tout en évitant de se prononcer sur la gestion policière des manifestations.
Les étudiants et lycéens ont affiché leur volonté de poursuivre les blocages, déterminés à obtenir des réponses concrètes à leurs revendications. « Nous aussi, à la faculté, nous voulons nous mobiliser », a déclaré Michelle, étudiante en psychologie, soulignant une volonté de convergence entre les luttes des différentes générations d'étudiants.


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