Publié le lundi 20 juillet 2026 dans la rubrique Strasbourg
Un Palestinien en détention administrative à Strasbourg depuis plus de 10 ans
À Strasbourg, un Palestinien de 59 ans conteste sa détention au centre de rétention administrative de Geispolsheim, dans le Bas-Rhin. Mohamed Alashram y est placé depuis le 6 juin, après plus de dix ans d’une assignation à résidence qui n’a jamais été validée par un tribunal.
Un parcours d’exilé
Né dans la bande de Gaza en 1967, Mohamed Alashram a étudié la pharmacologie en Jordanie puis en Moldavie, avant de retourner en Palestine. La guerre l’a contraint à quitter son pays en 2005, à près de 40 ans. Après un passage en Grande-Bretagne, il a obtenu l’asile en France en 2008 et s’est installé à Strasbourg. Il y a tissé des liens, s’est fait des amis et fréquente plusieurs mosquées de la ville. Sans être imam, sa maîtrise de l’arabe et sa connaissance du Coran l’amènent parfois à guider les prières.
Une détention qu’il ne comprend pas
Derrière les barreaux du centre de Geispolsheim, Mohamed Alashram s’interroge. « Je ne comprends pas ce que je fais ici, dit-il. Je ne suis pas quelqu’un de radical, je n’ai jamais été condamné. » Il dénonce l’absence de preuves à son encontre. « C’est facile d’accuser quelqu’un, mais il faut apporter des preuves. Nous sommes au pays des Droits de l’Homme », lance-t-il. L’assignation à résidence qui le frappe depuis plus de dix ans repose sur des motifs qu’il juge infondés. Aucune décision de justice n’est venue la confirmer.
Le soutien d’une communauté locale
Arbi, membre du comité de soutien constitué autour de lui, ne cache pas son incompréhension. « On s’est rencontrés à la mosquée de la Gare. C’est quelqu’un qui se comporte bien, il a toujours prôné le vivre ensemble », témoigne-t-il. Pour ces proches, la situation de Mohamed Alashram illustre un vide juridique : une mesure administrative prolongée sans contrôle judiciaire, dans un pays où la présomption d’innocence est un principe fondamental.
Une procédure contestée
Le cas de ce pharmacien palestinien pose question sur les pratiques de l’administration française. Assigné à résidence depuis 2014 sans jugement, il se retrouve aujourd’hui en rétention. Son comité de soutien dénonce une procédure opaque. Aucune des personnes interrogées dans l’entourage de Mohamed Alashram ne comprend les motifs précis de son placement. Lui-même affirme n’avoir jamais reçu d’explication claire. La justice devra trancher.


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