Publié le lundi 27 octobre 2025 dans la rubrique Suisse
Suisse : Vers une augmentation des « indigents en matière d'information » malgré une légère hausse de l'intérêt pour les actualités en ligne
Environ 46,4 % de la population suisse, soit une augmentation de 0,7 point de pourcentage, appartiendra en 2025 à la catégorie des « indigents en matière d’information », selon les dernières Annales sur la qualité des médias.
Définis comme des individus ayant une consommation d'informations minimale ou se renseignant principalement à travers les réseaux sociaux, ce groupe a vu sa proportion croître ces dernières années, d'après les résultats d'une étude représentative.
Les recherches indiquent que ces « indigents médiatiques » possèdent des connaissances nettement inférieures sur des sujets tant politiques que sociaux, et le simple recours aux réseaux sociaux ne permet pas de compenser ce manque d'information.
Mark Eisenegger, directeur de l'institut, souligne que l'engagement actif avec des contenus journalistiques via divers canaux est essentiel pour le niveau d'information de la population.
L'indigence en matière d'information pose également des défis pour le fonctionnement démocratique, car ces individus affichent une méfiance accrue envers les institutions politiques et médiatiques, tout en participant moins souvent aux processus politiques et en éprouvant un faible sentiment d'appartenance à la démocratie.
Un public bien informé doit pouvoir bénéficier d'un journalisme professionnel, selon Eisenegger, qui insiste sur le besoin pour les écoles et les responsables politiques d'intensifier les efforts en matière d'éducation politique et de compétences médiatiques.
Par ailleurs, pour la première fois en quatre ans, une légère augmentation de la disposition à payer pour des actualités en ligne a été observée, atteignant 22,5 %, bien que la majorité des Suisses demeurent encore réticents à débourser pour de telles informations.
L'essor de l'intelligence artificielle dans le domaine du journalisme soulève des inquiétudes, tant en termes d'opportunités que de menaces.
Bien qu’elle facilite certaines tâches en rédaction, elle risque également d'éroder le lien direct entre journalistes et public si les utilisateurs préfèrent obtenir leurs informations via des chatbots.
Ces outils, qui se basent majoritairement sur des contenus journalistiques, profitent à la fois aux fournisseurs d'IA et soulèvent la question d'une compensation pour les médias.

