Publié le vendredi 09 octobre 2026 dans la rubrique Toulouse
Toulouse face à une tempête économique : le BTP en crise
À Toulouse, les signes d'une tempête économique se multiplient dans le secteur du BTP. Les professionnels des travaux publics s'inquiètent d'une chute d'activité qui pourrait atteindre 25 % d'ici 2027, alors que les carnets de commandes se vident rapidement.
Une situation alarmante
Les travaux publics en Occitanie vivent une période critique. Frédéric Charmasson, président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP), exprime son inquiétude face à une baisse d'activité qui, depuis le début de l'année, atteint déjà -7 à -8 %. Les prévisions pour les mois à venir sont encore plus sombres, avec une chute attendue du carnet de commandes de 25 %. Les entreprises de l'industrie routière sont touchées, avec une baisse de 30 % de leurs commandes.
Des conséquences sur l'emploi
La pénurie de travail a des répercussions directes sur les effectifs. Henri Pirès, président de Routes de France Occitanie, souligne que seulement 30 % des effectifs sont actuellement mobilisés sur des chantiers. Face à cette situation, les entreprises n'ont d'autre choix que de recourir à des RTT forcées pour leurs salariés. Les heures supplémentaires et les augmentations salariales semblent désormais hors de portée.
Les raisons de cette crise
L'année 2026 s'annonce déjà difficile en raison des élections municipales, souvent nuisibles à l'activité des travaux publics à cause des changements d'exécutifs locaux. Charmasson rappelle que même si ce ralentissement était anticipé, la reprise ne s'est pas manifestée, au contraire, la chute continue. En outre, des projets de grande envergure, comme ceux liés à la ligne C du métro de Toulouse et au nœud ferroviaire pour la ligne à grande vitesse, ne seront pas suffisants pour relancer l'activité.
Les perspectives pour 2027
En regardant vers 2027, les inquiétudes se multiplient. La fin des travaux de génie civil de la ligne C et l'inauguration de l'A69 laissent présager un creux d'activité. Charmasson souligne que le budget gouvernemental impactera les grandes métropoles, notamment Toulouse, ce qui ne fera qu'aggraver la situation. Montpellier, par exemple, est déjà à l'arrêt.
Une chaîne de valeur en péril
La crise touche toute la chaîne de valeur des travaux publics, des bureaux d'études aux architectes. Certains projets, bien que prêts à être lancés, restent en attente en raison des incertitudes budgétaires. Le marché moyen en Occitanie n'est que de 300 000 €, un chiffre qui pourrait sembler faible dans un contexte de crise profonde.
Des mesures d'urgence nécessaires
Face à cette situation critique, les entreprises ont dû adapter leurs pratiques. Les effectifs d'intérimaires ont disparu et le recours à la sous-traitance a été stoppé. Des demandes de chômage partiel sont en cours pour faire face à cette chute brutale de l'activité. Une entreprise de canalisation de trente salariés a même dû entrer en redressement judiciaire, une première depuis quatre ans.


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