Publié le samedi 06 juin 2026 dans la rubrique Bordeaux
L'usine EMME à Parempuyre : feu vert et tensions croissantes
Le projet d’implantation d’une usine de conversion de cobalt et de nickel à Parempuyre et Blanquefort, porté par Electro Mobility Materials Europe (EMME), vient de franchir une étape cruciale. Le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) a rendu, le 4 juin, un avis favorable à la demande d’autorisation environnementale du site, marquant ainsi une avancée significative pour le projet.
Une décision serrée
Pourtant, ce vote n’a pas été simple. La décision a été entérinée par une courte majorité de dix voix contre neuf. Ce résultat témoigne des fortes divisions autour de cette initiative industrielle, considérée comme stratégique pour l’avenir de la filière des batteries électriques en Europe. La préfecture de la Gironde a souligné que l’avis du CODERST représente l'achèvement de l’instruction de la procédure réglementaire, ouvrant la voie à la transmission d’un projet d’arrêté préfectoral au porteur du projet.
Les inquiétudes des écologistes
Le groupe Écologie et Solidarités du Département de la Gironde a réagi avec vigueur à cette annonce, soulignant que le vote reflète les inquiétudes croissantes concernant l’implantation de cette usine classée Seveso seuil haut, en bordure de la Garonne, dans une zone vulnérable aux inondations. Agnès Destriau, conseillère départementale et membre du CODERST, a dénoncé l’aveuglement des autorités face aux dangers que représente un tel emplacement pour les écosystèmes.
Appel à un autre site
L’appel à la préfecture pour rechercher un autre site d’accueil en Nouvelle-Aquitaine se fait entendre, notamment en privilégiant des friches industrielles déjà artificialisées. Les écologistes estiment que ces alternatives seraient plus respectueuses de l’environnement et de la sécurité des populations.
Position de la Sepanso
La Sepanso, une association de protection de l’environnement, partage un constat similaire. Selon elle, la faible majorité obtenue lors du vote révèle un manque de consensus autour de ce projet. L’association appelle les autorités à examiner plus attentivement les risques associés à l’implantation de l’usine, notamment en ce qui concerne la santé publique et l’impact environnemental.
Des pertes agricoles à déplorer
Les opposants au projet soulignent également le risque de destruction de près de vingt hectares de terres agricoles biologiques et d’espaces naturels. Ils soulignent que cette situation est incompatible avec les objectifs de préservation de la biodiversité et contestent les mesures compensatoires proposées par le maître d’ouvrage.
Vers une décision finale imminente
Malgré les critiques et l’opposition persistante, le projet EMME ne semble plus qu’à un pas de sa réalisation. L’arrêté d’autorisation environnementale, attendu dans les semaines à venir, pourrait marquer un tournant décisif pour cet ensemble industriel controversé. Rappelons qu’une enquête publique avait révélé une forte opposition populaire, avec plus de 85 % des avis recueillis exprimant des réserves à l'égard de la construction de la raffinerie.
Actions judiciaires en cours
La Sepanso a déjà saisi le Conseil d’Etat pour contester le décret déclarant EMME d’intérêt national, qui a permis à l'État de modifier le plan local d’urbanisme. Par ailleurs, le nouveau maire de Parempuyre conteste devant le tribunal administratif de Bordeaux une convention signée par la précédente municipalité, autorisant des travaux importants pour raccorder l’usine au réseau électrique. D’autres actions judiciaires pourraient suivre, visant à bloquer les prochaines autorisations administratives.

