Publication le 17 juin 2026 · Mis à jour le lundi 22 juin 2026 dans la rubrique Bordeaux
Transmission des entreprises : un enjeu crucial pour l'économie girondine à l'heure des Nocturnes de la Transmission
Les Halles d'Audenge ont vibré au rythme d'un enjeu économique discret mais décisif : la transmission des entreprises. La 31e édition des Nocturnes de la Transmission a mis en lumière une réalité qui touche de nombreuses TPE et PME girondines : elles doivent bientôt passer la main. Encore faut-il trouver les bons repreneurs.
Un départ silencieux qui menace l'économie locale
Une entreprise peut avoir des clients fidèles, des salariés compétents, une histoire ancrée dans le territoire, parfois une solide réputation locale. Et pourtant, elle peut disparaître. Faute d'avoir trouvé un repreneur. C'est cette menace silencieuse qui était au cœur des échanges.
En Gironde, le paysage économique repose largement sur ces structures de taille modeste. Leur disparition ne ferait pas la une des médias, mais elle laisserait un vide dans les bassins d'emploi, les circuits de sous-traitance et la vie des communes. La 31e Nocturne de la Transmission a rappelé que le temps presse pour celles et ceux qui n'ont pas anticipé la cession.
Car céder ne s'improvise pas. Il ne suffit pas d'avoir un beau carnet de commandes ou une marque reconnue. Encore faut-il que l'offre rencontre une demande, au bon moment. La difficulté est réelle : des entreprises saines, rentables, peinent à trouver preneur. Les repreneurs potentiels ne se bousculent pas toujours.
Transmettre en famille : un héritage qui ne se décrète pas
Parmi les témoignages entendus à Audenge, celui de PROTAC, une entreprise familiale basée à Andernos-les-Bains, a illustré une autre facette de la transmission. Celle qui passe par le sang. Reprendre l'affaire de son père ou de son grand-père peut sembler naturel. Presque écrit d'avance.
La réalité est plus complexe. La transmission familiale ne se résume pas à une succession juridique. Elle ne se joue pas seulement dans les actes notariés ou les clauses des statuts. Il faut hériter d'une histoire. Mais sans s'y enfermer. L'équilibre est subtil : respecter ce qui a été construit tout en apportant sa propre vision, ses propres méthodes. Le défi est autant psychologique qu'économique.
PROTAC incarne cette difficulté. L'entreprise a su garder son ancrage local et ses valeurs. Mais le passage de témoin entre générations a exigé bien plus qu'une simple signature. Dialogue, ajustements, parfois conflits - la transmission familiale est un chemin de crête.
Un rendez-vous pour ne pas laisser les entreprises sans avenir
La 31e Nocturne de la Transmission a donc joué son rôle : mettre en relation cédants et repreneurs, mais aussi faire réfléchir. Car la transmission n'est pas qu'une affaire de chiffres. C'est une question de continuité, de mémoire, de territoire.
Les Halles d'Audenge ont accueilli dirigeants, experts, et familles d'entrepreneurs. Tous sont repartis avec une même évidence : une entreprise ne doit pas mourir parce que personne n'a pensé à sa relève. Qu'elle soit familiale ou non, sa pérennité dépend de la capacité à anticiper, à convaincre, à transmettre autre chose qu'un bilan comptable.
En Gironde, des milliers de TPE et PME sont concernées. Certaines ont plusieurs décennies d'existence. D'autres sont plus jeunes. Mais toutes partagent le même besoin : un passage de témoin réussi. Sans cela, des clients perdront un fournisseur, des salariés un emploi, des communes une partie de leur tissu économique.
La Nocturne de la Transmission d'Audenge a rappelé un message simple : reprendre une entreprise, ce n'est pas seulement hériter d'un outil de travail. C'est reprendre une histoire, des liens, une place dans la région. Et cela vaut la peine d'être préparé, accompagné, encouragé. Pour que les entreprises girondines ne disparaissent pas en silence.


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