Publication le 13 juillet 2026 · Mis à jour le jeudi 16 juillet 2026 dans la rubrique Cote d'Azur
Dix ans après l'attentat, la Promenade des Anglais se souvient des victimes
Dix ans après l’attentat de Nice, l’émotion embrase la Promenade des Anglais
Le 14 juillet 2016, un camion de 19 tonnes fonçait dans la foule sur la Promenade des Anglais. Bilan : 86 morts, plus de 400 blessés. Dix ans plus tard, les commémorations ont commencé. Une foule nombreuse – entre 2 000 et 3 000 personnes – a défilé en silence, vêtue de blanc, le long du parcours meurtrier. Beaucoup tenaient des fleurs. Certains avaient les yeux rouges. D’autres souriaient, mais d’un sourire tendu.
Une marche blanche, des applaudissements pour les pompiers
Le cortège s’est ébranlé sous un ciel lourd. « J’étais là, il y a 10 ans avec ma fille et on n’a perdu personne heureusement. On est touchés à vie, je pense », confie une femme présente dans le défilé. Un autre participant décrit le geste comme « symbolique, en hommage à toutes ces victimes, malheureusement décédées ou blessées par ce terrible événement ».
Soudain, les applaudissements crépitent. La foule salue les pompiers, ceux qui sont intervenus ce soir-là. « On ne s’attendait pas à ça. Nous, on n’était pas des victimes ce soir-là, on était les sauveteurs », raconte le lieutenant Frédéric Dal-Pont, chef de section de la caserne Magnan. L’émotion est palpable. Les pêcheurs ont aussi rendu hommage, juste en face de l’endroit où le camion a été stoppé après deux kilomètres de course. Puis une minute de silence s’est figée au pied de la statue du souvenir, l’Ange de la baie. Une femme dépose une rose : « Pour ma petite sœur. » Sa voix se brise.
86 chaises vides, 43 enfants et des discours de résilience
Non loin de là, 86 chaises vides rappellent l’absence. Parmi les victimes, 43 enfants. « Une guerre nous est tombée dessus sans déclaration, sans uniforme, sans autre ennemi visible qu’un 19 tonnes lancé dans la nuit », déclare Stéphane Erbs, co-président de l’association Promenades des Anges. Patrick Prigent, président de Life for Nice, insiste sur la renaissance : « Chaque sourire retrouvé est une victoire. Chaque enfant qui remonte sur un char de carnaval est une victoire. Chaque victime qui retrouve le courage de marcher sur la Promenade des Anglais est une victoire immense. »
Le président de la République, Emmanuel Macron, qui n’était pas en fonction au moment de l’attentat, a pris la parole. Il a reconnu des lenteurs administratives douloureuses dans les démarches des victimes, mais a réaffirmé son soutien. « Je vous avais dit que nous oublierions le nom du terroriste, mais que nous apprendrions par cœur le nom de nos morts. Je vous avais dit que vos morts étaient devenus nos morts et que l’État ne vous abandonnerait jamais. » Un discours qui a résonné fort parmi les rescapés, marqués au corps et à l’âme.
La Promenade des Anglais ne sera plus jamais la même
Dix ans ont passé. L’air est moins léger, chargé du souvenir. Les blessés physiques, ceux qui cachent leurs cicatrices intérieures, étaient là. Tous disent la même chose : aucun retour en arrière possible. Mais la vie a repris, à coups de petits gestes et de grandes cérémonies. Le cortège s’est dissous lentement, les fleurs jonchant le sol. La Promenade des Anglais, ce soir-là, a porté le poids de la mémoire. Un poids que les Niçois, dix ans après, continuent de porter ensemble.


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