Publié le dimanche 14 juin 2026 dans la rubrique Cote d'Azur
Emmanuel Pilon, 3 étoiles à Monaco, apprécie le Café de la Fontaine à La Turbie
À La Turbie, dans les Alpes-Maritimes, un petit bistrot de village attire l'attention d'un chef triplement étoilé installé à Monaco. Emmanuel Pilon, qui dirige le Louis XV à l'Hôtel de Paris, recommande le Café de la Fontaine pour un repas familial sans chichi. Entre la principauté et les hauteurs, c'est une histoire de cuisine et de valeurs partagées.
Emmanuel Pilon, héritier de la naturalité au Louis XV
Le Louis XV est une institution. Trois étoiles Michelin, un cadre prestigieux. Il y a quarante ans, Alain Ducasse y lançait un menu tout végétal. Visionnaire. Aujourd'hui, Emmanuel Pilon perpétue cette philosophie. Il appelle cela la "naturalité".
« Respecter la saisonnalité, respecter le produit dans son entièreté », résume-t-il. La nature, l'humain, l'éleveur, le producteur : tous fournissent une matière première qu'il faut valoriser. Pilon connaît bien cette démarche. Il était aux côtés de Ducasse au Plaza Athénée en 2014, quand le palace a supprimé la viande de sa carte. Une première mondiale. Formé auprès de deux Meilleurs ouvriers de France, Christian Têtedoie et Davy Tissot, il fait aujourd'hui partie de l'élite gastronomique.
Le Café de la Fontaine, un bistrot retrouvé
Quand il veut manger en famille, sans protocole, Emmanuel Pilon monte à La Turbie. Dans le même village que l'Hostellerie Jérôme, tenue par le chef deux étoiles Bruno Cirino, un ancien bistrot a changé de mains. Le Café de la Fontaine a été repris par deux jeunes. Michael Abihssira est aux fourneaux. Son associé, Sasha Dorfmann, assure la gestion. Les deux hommes se sont rencontrés sur les bancs de l'Institut Bocuse à Lyon.
Leur credo : ressusciter une cuisine bistrot que la Côte d'Azur avait perdue. « Les gens peuvent à nouveau manger des lapins à la moutarde, des navarrins, des rillettes ou des terrines maison », explique Michael Abihssira. Et ça marche. L'ancienne clientèle est revenue. De nouveaux habitués remplissent la salle.
Des prix justes pour une cuisine de produit
Les entrées tournent autour de 15 euros. Les plats, entre 25 et 30 euros. Le rapport qualité-prix séduit. La carte change au rythme des saisons, dans l'esprit bistrotier. Une assiette d'asperges vertes et de thon rosé illustre cette approche : simple, goûteuse, respectueuse du produit. Michael Abihssira y met la même attention qu'un chef étoilé, mais sans la formalité.
Le duo fonctionne. Sasha Dorfmann, formé en gestion, apporte la rigueur administrative. Michael Abihssira, la créativité culinaire. Ensemble, ils ont redonné vie à un lieu qui aurait pu disparaître. Et le bouche-à-oreille fait le reste. Un chef trois étoiles qui recommande un petit bistrot de village, c'est le plus beau des compliments pour une cuisine authentique.

