Publication le 19 juillet 2026 · Mis à jour le mercredi 22 juillet 2026 dans la rubrique Grenoble
Interruption violente du concert de Barbara Butch à Grenoble par des militants pro-palestiniens
Barbara Butch visée par des projectiles : son concert à Grenoble violemment interrompu
Le concert de la DJ Barbara Butch a tourné court, samedi 18 juillet, au festival Cabaret Frappé de Grenoble. À peine vingt minutes après le début de sa prestation, une centaine de militants pro-palestiniens ont fait irruption. Des projectiles ont été lancés sur l’artiste. L’adjoint à la culture, Alexis Monge, a donné l’ordre d’interrompre le spectacle.
« C’était difficile de maintenir le concert, a expliqué l’élu présent sur scène. Nous avons été forcés de l’interrompre en raison de projectiles lancés sur Barbara Butch. » Un geste fort pour protéger l’artiste, mais aussi les festivaliers. La mairie et Alexis Monge ont immédiatement déposé plainte.
Un boycott politique qui divise jusqu’au sein de la majorité municipale
Cet acte ne relève pas d’un simple débordement. Il s’inscrit dans un appel au boycott ciblé contre Barbara Butch. Les militants lui reprochent son soutien à la proposition de loi Yadan. Ce texte, porté par le gouvernement pour lutter contre l’antisémitisme, avait finalement été retiré en avril. Ses détracteurs y voyaient une menace pour la liberté d’expression.
Parmi les figures de cette contestation, Allan Brunon, élu local de La France insoumise (LFI), était présent. « C’est notre liberté d’expression de dire que nous ne sommes pas d’accord, a-t-il déclaré après l’arrêt du concert. Ce n’est pas madame Barbara Butch qui est censurée. Ce sont toutes les personnes qui luttent contre le génocide à Gaza qui sont censurées aujourd’hui dans notre pays. » Un discours qui cristallise les tensions au sein même de la majorité grenobloise, où cohabitent socialistes et insoumis.
De son côté, l’association Retour de Scène, qui programme le festival, a tenu à clarifier sa position. Dans un communiqué, elle affirme que « déprogrammer sur la base d’opinions est un acte fort qui reviendrait à faire des organisations culturelles des arbitres idéologiques ». Tout en reconnaissant comprendre « que la programmation de l’artiste suscite des réactions ». Un équilibre fragile pour une association qui défend une liberté de programmation contestée.
La liberté de création au cœur de la polémique
La soirée de samedi pose une question brûlante : une artiste peut-elle être empêchée de se produire en raison de ses prises de position politiques ? Pour Alexis Monge, la réponse est claire. « Nous tenions à protéger la liberté de programmation et de création », justifie-t-il. Un principe qu’il a défendu sur scène, face aux manifestants, en montant lui-même au micro pour condamner l’intrusion.
Mais l’argument ne convainc pas les militants qui l’ont pris pour cible. Pour eux, boycotter une artiste qui soutient une loi « anti-antisémitisme » jugée liberticide est un acte politique légitime. La polémique autour de Barbara Butch dépasse désormais le simple cadre du festival. Elle ravive le débat sur la place du politique dans les choix culturels des collectivités locales.
Les plaintes déposées par la mairie et l’adjoint à la culture devraient permettre d’éclaircir les responsabilités. D’ici là, l’événement a déjà marqué les esprits. À Grenoble, on ne parle plus de musique, mais d’un conflit de valeurs qui fracture la ville.
L’affaire rappelle que le terrain culturel est devenu un champ de bataille idéologique. Entre liberté d’expression, lutte contre l’antisémitisme et soutien à la cause palestinienne, les lignes bougent. Et ce soir-là, au Cabaret Frappé, ce sont les projectiles qui ont eu le dernier mot.


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