Publié le vendredi 12 juin 2026 dans la rubrique Grenoble
Les hémicelluloses : une richesse insoupçonnée du bois
Grenoble (Isère) - Un morceau de bois renferme une richesse insoupçonnée. Christine Chirat, professeure à Grenoble INP au sein de l’école Pagora, spécialisée dans le papier et les biomatériaux, en est convaincue. Elle coordonne désormais un programme de recherche baptisé « Hemicelluloses », dédié à ces composants du bois longtemps laissés de côté.
Un composant méconnu face à la cellulose et la lignine
Le bois n’est pas un matériau uniforme. Christine Chirat le décortique en trois grands éléments. Le premier, la cellulose, représente environ 45 % de la biomasse. C’est lui qui sert à fabriquer du papier, du carton ou des textiles. Tout le monde connaît.
Le deuxième, la lignine, est un peu moins familier du grand public. Mais les hémicelluloses, elles, restent largement ignorées. « On n’imagine pas la richesse contenue dans un morceau de bois », insiste la chercheuse. Ces composants mineurs en volume pourraient pourtant cacher des applications prometteuses.
Un programme de recherche pour explorer le potentiel ignoré
Le programme « Hemicelluloses » vise à changer la donne. Jusqu’ici, ces molécules éveillaient peu la curiosité des scientifiques et des industriels. Christine Chirat entend les remettre sur le devant de la scène.
Les travaux se concentrent sur la compréhension de leur structure et de leurs propriétés. L’objectif : déterminer comment les extraire efficacement du bois et leur trouver des débouchés concrets. L’équipe de recherche mise sur leur capacité à se lier avec d’autres matériaux ou à servir de base pour des composés chimiques.
Des applications industrielles encore à écrire
L’enjeu dépasse la simple curiosité scientifique. Valoriser les hémicelluloses permettrait d’utiliser l’intégralité de l’arbre, sans rien gaspiller. Aujourd’hui, ces composants finissent souvent dans les effluents des usines de pâte à papier.
Les chercheurs grenoblois imaginent déjà des débouchés dans la chimie verte, les emballages ou les adhésifs. Mais le chemin est long. « Il reste beaucoup à découvrir », prévient Christine Chirat. Le programme pose les premières pierres d’un édifice qui pourrait, demain, transformer notre regard sur la ressource forestière.

