Publié le mercredi 01 juillet 2026 dans la rubrique Haut de France
Roubaix innove contre les dépôts sauvages avec caméras et haut-parleurs
À Roubaix (Nord), la guerre contre les dépôts sauvages se mène désormais depuis un écran. La ville a équipé trois points noirs de caméras couplées à des haut-parleurs. Objectif : dissuader les contrevenants en leur adressant un message vocal en direct.
Un dispositif qui parle aux contrevenants
Le système fonctionne depuis un poste de contrôle. Des policiers observent les images et, dès qu’un dépôt sauvage est repéré, déclenchent un message préenregistré : « Attention, les patrouilles de la police municipale et nationale ont été déclenchées. » L’avertissement est diffusé à haute voix dans la rue. Objectif : faire de la dissuasion vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans intervention humaine sur place.
Roubaix fait partie des premières municipalités à expérimenter cette méthode. Les trois caméras ont été installées progressivement sur quatre ans. Chaque point de surveillance correspond à un site où les dépôts s’accumulaient de façon chronique.
Des chiffres qui parlent : moins de déchets, plus d’économies
Le résultat est net. Sur le premier site équipé, la ville est passée d’un dépôt par jour à seulement dix dépôts par an. « On l’a pratiquement éradiqué », assure Thomas Rance, directeur de la prévention et de la sécurité à Roubaix. Les autres points suivent la même tendance.
Cette baisse se traduit aussi en euros. Antoine Brunner, directeur de la propreté urbaine, chiffre l’économie : « On estime qu’on est passé de 7 500 euros de coûts de collecte ici, à 2 500. Donc on a gagné ici 5 000 euros. » Au total, la ville a économisé 40 000 euros grâce aux trois dispositifs.
Des habitants partagés entre satisfaction et scepticisme
Dans les rues de Roubaix, l’initiative est globalement bien accueillie. Un passant témoigne : « Roubaix, c’est une ville qui s’améliore. Il y a moins de déchets, il y a moins de personnes qui jettent par terre. »
D’autres restent dubitatifs. « Je trouve que c’est bien, mais à la fois, ces gens, ils vont s’en foutre complètement, estime une habitante. Ils vont dire : Il a dit ça, je ne vais pas ramasser, je fais ce que je veux. » Un doute qui n’a pas empêché la municipalité de poursuivre le déploiement.
L’idée fait son chemin dans le Nord
D’autres communes du territoire ont emboîté le pas. À Arras, dans le Pas-de-Calais, deux caméras équipées du même système de haut-parleurs surveillent désormais les rues. La recette made in Roubaix semble séduire au-delà de ses frontières.
Reste à savoir si la seule menace verbale suffira à endiguer le phénomène sur le long terme. Pour l’instant, la baisse des dépôts sauvages et les économies réalisées incitent les collectivités à étendre l’expérience. Le haut-parleur pourrait bien devenir un outil standard de la propreté urbaine.


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