Publié le mercredi 13 mai 2026 dans la rubrique Lyon
La vallée de la chimie s'inquiète après le rachat de Polytechnyl par un fonds américain
La vallée de la chimie à Saint-Fons, dans le département du Rhône, fait face à une crise qui inquiète les travailleurs de l’industrie locale. Jean-Claude Garcia, représentant de la CFE-CGC Chimie, n'hésite pas à exprimer sa colère. Selon lui, la reprise de Polytechnyl, une entreprise spécialisée dans la fabrication de polyamides, soulève de graves préoccupations sur l'avenir de ce fleuron de l'industrie chimique française.
Le 27 avril dernier, Polytechnyl a été rachetée par le fonds d’investissement américain Lone Star lors d’une décision du tribunal des activités économiques de Lyon. Cette acquisition suscite une forte opposition de la part des syndicats de l’entreprise, qui décrivent la situation comme une « captation technologique organisée » et un vrai « pillage industriel ». Pour eux, l’offre de reprise présentée par Lone Star ne serait rien d'autre qu'une manœuvre opportuniste qui risque de nuire à la pérennité de l’entreprise.
Une situation alarmante
Les syndicats, regroupés au sein d'une intersyndicale comprenant Unsa, CFDT, CFE-CGC et CGT, dénoncent également l’altération des comptes de Polytechnyl. Ils affirment que ces chiffres auraient été « artificiellement dégradés », ce qui aurait pu influencer la décision du tribunal. Il s'agit ici d'une stratégie qui pourrait permettre à des investisseurs de mettre la main sur une entreprise sans reconnaître sa véritable valeur. Jean-Claude Garcia insiste sur le fait que la production de Polytechnyl était en pleine expansion, ce qui rend cette situation encore plus injustifiable pour les employés.
Les conséquences pour les employés
La reprise par un fonds d'investissement étranger peut engendrer des répercussions préoccupantes pour les travailleurs de l'entreprise. Les employés craignent des délocalisations, des réductions d'effectifs ou des modifications des conditions de travail. La perte d'un savoir-faire local au profit d'une gestion axée sur des bénéfices à court terme aggrave encore leur inquiétude. Les organisations syndicales se mobilisent pour faire entendre leur voix et défendre les intérêts des salariés de Polytechnyl face à cette nouvelle donne économique.
Le climat social dans cette vallée de la chimie reste tendu. Les discours des syndicats se font plus percutants, appelant à une prise de conscience générale sur la viabilité de l'industrie locale face à l'intrusion de fonds d'investissement dont les motivations ne coïncident pas toujours avec l’intérêt des régions d’implantation. Blâmant une course au profit, ils plaident pour un engagement en faveur de la sauvegarde et du développement de l'industrie française sur son territoire.

