Publié le lundi 18 mai 2026 dans la rubrique Lyon
Mobilisation à Lyon contre les expulsions de sans-abri face à des critères d'hébergement stricts
À Lyon, des tensions s’exacerbent autour de la gestion de l'hébergement d'urgence pour les sans-abri. Depuis octobre, la préfcture du Rhône et la DDETS ont imposé des contrats d'une durée de trois mois, avec des critères stricts pour leur renouvellement. Des associations s'opposent à cette stratégie, craignant des mises à la rue injustifiées.
Des conditions de renouvellement contestées
Les nouveaux règlements exigent que les personnes hébergées prouvent leur vulnérabilité pour prolonger leur séjour. Parmi les critères imposés, on trouve des situations spécifiques telles que la grossesse avancée, la présence d'enfants en bas âge, certaines pathologies graves ou des problèmes de mobilité. Ces conditions complexes se traduisent par une remise en question des droits d'hébergement, ce qui préoccupe fortement les acteurs de la solidarité à Lyon.
Une saturation du système d'hébergement
Depuis la fin de la crise sanitaire, le nombre de places disponibles dans les structures d'hébergement d'urgence ne connaît pas d'augmentation, et certaines associations observent même une stagnation. Pour gérer la saturation de ce dispositif, la DDETS a en effet décidé de "fluidifier" le système, entraînant potentiellement des expulsions de personnes déjà hébergées. Cette réalité remet en cause les principes d'inconditionnalité qui devraient normalement présider à l'accueil des sans-abri, s'alarment les professionnels du secteur.
Mobilisation des associations
Face à cette situation alarmante, le collectif Hébergement en Danger organise un rassemblement pour protester. Ce mardi 19 mai, à 17h30, leurs membres se réuniront place Guichard pour dénoncer non seulement le tri des sans-abri, mais également la dégradation des conditions de travail des travailleurs sociaux. Ces derniers sont désormais contraints d'évaluer la vulnérabilité des personnes, sachant que leurs évaluations détermineront le maintien ou non de ces personnes en hébergement.
Le collectif met ainsi en lumière une crise qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour des milliers de personnes vulnérables. La pression sur le système d’hébergement d’urgence et les règles restrictives imposées par la préfecture alimentent un climat d'inquiétude croissant. L'avenir des personnes sans-abri à Lyon dépendra de l'écoute des autorités et de la prise en compte des réalités sociales de terrain.

