Publié le mercredi 24 juin 2026 dans la rubrique Lyon
Plan social chez Ebra : le Progrès pourrait perdre 60 journalistes
Des départs annoncés à Ebra
Le groupe Ebra, propriétaire du Progrès à Lyon, a annoncé un nouveau plan de départs qui pourrait entraîner la perte de 15% de ses effectifs. Ce plan, qui se déploiera à partir de 2027, vise à se séparer de 10% de ses salariés en raison d'un déficit prévu de 10 millions d'euros en 2025 et d'une chute des ventes des journaux papier. Au total, ce sont environ 400 postes qui seraient concernés à l'échelle nationale.
Une inquiétude croissante parmi les journalistes
Jérôme Morin, représentant du personnel et membre du Syndicat national des journalistes (SNJ), exprime de vives inquiétudes. Selon lui, le Progrès pourrait perdre jusqu'à 60 journalistes, principalement dans le domaine de l'édition. Cette situation s'accompagne de l'arrivée de l'intelligence artificielle, qui transforme les méthodes de travail au sein des rédactions.
En réponse à cette annonce, le syndicat a diffusé un tract interne pour dénoncer ce qu'il qualifie de « plan social XXL ». Morin souligne que les départs ne seront pas contraints, mais il reste sceptique quant à l'accompagnement proposé par le groupe Ebra.
Une stratégie de repositionnement en question
Bien que le groupe Ebra présente son plan comme un « repositionnement », visant à se recentrer sur l'information locale et la vidéo, les journalistes demeurent méfiants. Le directeur du Progrès, Xavier Antoyé, n’a pas souhaité commenter davantage, renvoyant aux déclarations officielles du groupe.
Les promesses d'une plus grande place pour les enquêtes et les reportages ne semblent pas rassurer les équipes. Morin regrette l'absence d'une ambition éditoriale forte pour engager les rédactions dans cette transition.
Création de nouveaux postes, mais de quel type ?
En dépit des suppressions de postes, Ebra a annoncé la création de 68 nouveaux postes. Cependant, Morin précise que ceux-ci ne concerneront pas des journalistes de terrain, mais plutôt des rédacteurs chargés d'élaborer des contenus en continu sans se déplacer. Le syndicat évoque la création d'un pôle « news » au desk central, qui pourrait nuire à la couverture de l'information locale.
Une dépendance accrue à la technologie
Pour faire face à la réduction des effectifs, le groupe Ebra mise sur des solutions technologiques. Un projet de mise en page automatique, nommé MEPA, vise à alléger le travail des desks, permettant ainsi aux journalistes de se concentrer sur la création de contenus. Les secrétaires de rédaction devront également s’appuyer sur une « boîte à outils » alimentée par l'intelligence artificielle pour leurs tâches d'édition.
Cependant, des doutes subsistent concernant la qualité de l'information. Morin s'inquiète des risques associés à l'utilisation de l'IA générative, citant des biais et des erreurs possibles qui pourraient compromettre la fiabilité des contenus.
Des actions syndicales en cours
Une première réunion entre les syndicats et le groupe Ebra est prévue pour le 29 juin, avant une pause estivale dans les négociations. Les journalistes du Progrès avaient déjà manifesté leur mécontentement par le biais d'une grève, réclamant des garanties face aux plans sociaux qui touchent leur profession.
Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de tension au sein des médias, où les équipes du Bien Public et du Journal de Saône-et-Loire avaient également exprimé leur défiance envers leur direction. De nombreux journalistes craignent que ces réorganisations ne compromettent l'information de proximité, un domaine déjà sous pression.


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