Publié le mercredi 10 juin 2026 dans la rubrique Lyon
Urgence de la crise du logement à Lyon : le collectif Solidarités femmes à la rue en première ligne
Depuis le 6 mars, 281 personnes occupent un immeuble situé place de Milan à Lyon, dans le Rhône. Cette initiative est portée par le collectif Solidarités femmes à la rue, qui a permis à de nombreuses familles, femmes seules et nouveaux-nés de trouver un abri temporaire. Avant cette occupation, la plupart vivaient dans des conditions précaires, souvent à la rue.
Sur place, les occupants expriment un certain soulagement. Ils bénéficient d’un logement décent, même s’il est sommaire, et se disent reconnaissants d’avoir un toit. « L’ouverture de la place de Milan a permis de mettre à l’abri des dizaines d’entre eux. Parmi les enfants présents, cinq ont moins de trois ans, dont trois bébés de quelques mois seulement », souligne le collectif Jamais sans toit dans un communiqué.
Une situation précaire
Cependant, la situation reste fragile. L’immeuble, qui abrite ces familles, appartient à la Métropole de Lyon, ce qui entraîne des préoccupations quant à la pérennité de leur logement. En mars, l’occupation s’est faite sans résistance significative de la part de l’ancienne majorité, alors au pouvoir, qui semblait plus encline à la tolérance à quelques semaines des élections. Aujourd’hui, la donne a changé avec l’arrivée de la nouvelle majorité, Grand Cœur Lyonnais, qui ne semble pas disposée à laisser perdurer cette occupation.
Des conditions de vie dégradées
Le collectif Jamais sans toit alerte sur une dégradation des conditions de vie des occupants. Depuis le 29 mai, l’immeuble subit une coupure d’électricité qui complique encore plus leur quotidien. Ce problème est survenu à la veille d’un procès initialement prévu pour régler la situation. Ce procès a été reporté au vendredi 12 juin à 9 heures.
Les inquiétudes des collectifs
La procédure d’expulsion lancée par la Métropole soulève de nombreuses inquiétudes. Les représentants du collectif s’interrogent sur les réponses apportées à la crise du sans-abrisme qui touche de plus en plus de personnes dans la région. Une expulsion sans garantie de relogement suscite des craintes, car les associations peinent à obtenir des réponses satisfaisantes de la part des autorités.
Une réponse à la crise du sans-abrisme
Les associations s’inquiètent des conséquences d’une telle expulsion dans un contexte où le sans-abrisme ne cesse d’augmenter. Le problème des logements accessibles et abordables reste aigu, et les solutions proposées par la Métropole suscitent des interrogations. Des familles entières, y compris des enfants en bas âge, pourraient se retrouver à la rue si aucune alternative n’est mise en place rapidement.
La situation des occupants de la place de Milan illustre les défis actuels de la crise du logement à Lyon. Les actions des collectifs comme Solidarités femmes à la rue et Jamais sans toit mettent en lumière la nécessité d’une approche plus humaine et durable face à la précarité. La réponse des autorités locales sera déterminante dans les jours à venir.

