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Publié le vendredi 23 octobre 2026 dans la rubrique Marseille

Manifestations à Paris : inquiétudes et interdictions dans plusieurs villes

Ce week-end, Paris se prépare à des manifestations contre la vie chère, tandis que d'autres villes subissent des interdictions. Quels sont les risques et recours possibles ?

À Paris, les mobilisations prévues ce week-end, les 24 et 25 octobre, suscitent des inquiétudes. Certaines manifestations contre la vie chère sont autorisées, tandis que d'autres sont interdites. Le dispositif de sécurité s'intensifie dans toute la France, notamment à Paris, où un cortège de la CGT est autorisé entre la place de la Bastille et la place de la Nation. Le préfet de Paris a cependant conseillé aux commerçants de prendre des précautions, en adaptant leurs horaires ou en engageant des agents de sécurité, craignant des débordements similaires à ceux du 17 octobre.

Les commerçants, inquiets, se préparent à cette journée. Éliane, employée dans une grande enseigne, a déjà décidé de fermer son magasin. Elle exprime sa peur face à des possibles violences, déclarant : “C'est la peur qui vient en premier.” Antoine, propriétaire de plusieurs magasins rue du Faubourg Saint-Antoine, préfère fermer et "tout bloquer", jugeant que les agents de sécurité ne seraient pas à la hauteur face à des groupes nombreux. Christopher, restaurateur, partage cette inquiétude. Il envisage de renforcer la sécurité de son établissement avec des plaques de contreplaqué sur les vitres, affirmant que son commerce est sa vie : “Je vais être obligé de le défendre.”

La gestion des stocks est une autre préoccupation pour les commerçants. Kamirane, pharmacien, se demande comment protéger efficacement ses produits, hésitant entre garder seulement les plus chers ou tous les inventorier. La logistique s'avère complexe pour ces professionnels, qui doivent anticiper un cortège de deux kilomètres.

Interdictions dans plusieurs villes

Alors que la manifestation parisienne est autorisée, d'autres villes, comme Marseille, subissent des interdictions massives. Dans les Bouches-du-Rhône, toutes les manifestations, qu'elles soient déclarées ou non, sont interdites ce samedi. Le transport en commun sera suspendu de 6 heures du matin à 5 heures du matin le lendemain. Le couvre-feu, précédemment limité aux mineurs, s'étendra aux adultes pour le week-end.

À Lyon, la préfecture a également interdit toute manifestation. Le maire, Grégory Doucet, discutera avec le préfet pour envisager des alternatives pour les manifestants. D'autres villes comme Bordeaux, Lille, Rennes, Nice et Toulon appliquent des interdictions partielles, surtout en centre-ville. À Perpignan, les rassemblements sont bannis dans le centre, avec un doublement des effectifs policiers sur place.

Sanctions en cas de participation aux manifestations interdites

Pour ceux qui choisissent de participer à des rassemblements interdits, le risque est une amende de 135 euros. Les organisateurs, quant à eux, encourent des sanctions plus sévères, pouvant aller jusqu'à six mois de prison et 7 500 euros d'amende.

Le droit de manifester et les recours possibles

Malgré ces interdictions, des recours sont envisageables. Les préfectures justifient ces mesures par des préoccupations de sécurité, mais l'interdiction d'une manifestation doit rester le dernier recours. Dans des villes comme Marseille ou Lyon, l'absence de parcours alternatifs soulève des questions. Jeudi, un rassemblement d'étudiants, initialement interdit, a finalement été autorisé par la justice.

La position d'Emmanuel Macron, qui a demandé aux préfets d'interdire les manifestations non organisées par des syndicats, suscite des critiques parmi les juristes. Le droit de manifester est un droit fondamental en France. Tout citoyen peut déclarer une manifestation, et il revient à l'État de ne pas restreindre cette liberté sans justification solide.

Des recours ont déjà été déposés par l'Association de défense des libertés constitutionnelles et le Syndicat de la magistrature devant le Conseil d'État, arguant que le président sort de son cadre constitutionnel en s'immisçant dans la gestion de l'ordre public.


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