Montpellier : logo actu locale.fr
Actualités en FRANCE > MONTPELLIER
History Education collection of old books
Image à des fins esthétiques. ⚠️ Signaler la photo ou l'article comme inapproprié - © Crédit photo unsplash : Thomas Kelley.

Publié le mardi 16 juin 2026 dans la rubrique Montpellier

Des collégiens redécouvrent l'héritage de Marc Bloch à Montpellier

À Loupian, des collégiens mettent en lumière l'histoire de Marc Bloch, futur Panthéon, à travers un parcours mémoriel à Montpellier.

À Loupian, dans l'Hérault, des collégiens ont ressuscité un pan méconnu de l'histoire montpelliéraine de Marc Bloch. L'historien résistant, figure de la lutte contre le nazisme, entrera au Panthéon le 23 juin prochain. Mais avant cela, un jeu de piste urbain voit le jour, fruit de leur travail d'enquête minutieux.

Des historiens en herbe sur les traces d'une famille

Pendant plusieurs mois, les élèves se sont plongés dans les archives historiques. Ils ont même travaillé sur des documents récemment déclassifiés. Leur guide : Gaëtan Blosse, référent mémoire de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Le résultat est un parcours mémoriel en cinq étapes à travers Montpellier, sur les traces de la famille Bloch qui y a vécu entre 1941 et 1942.

Ce travail a touché Suzette Bloch, la petite-fille de Marc Bloch. Elle est venue à leur rencontre dans leur établissement de Loupian, près de Sète, pour les féliciter. « Grâce à eux, j’ai appris énormément sur mon père et mon grand-père », confie-t-elle. « Mon histoire familiale comporte de nombreuses zones d’ombre. J’ai pu mettre des images sur le peu d’anecdotes qu’on m’avait racontées. »

Première halte : le lycée de Louis Bloch

Le parcours débute au 39 boulevard Bonne Nouvelle. Aujourd'hui, la façade abrite le musée Fabre. À l'époque, c'était le lycée de garçons de la ville. En mai 1942, la police y enquête. Elle suspecte un élève d'avoir participé à une distribution de tracts en faveur du mouvement résistant Combat. Son nom : Louis Bloch.

Les collégiens ont confirmé que le troisième enfant de Marc Bloch avait passé son bac ici. Il avait ensuite intégré une classe préparatoire à l'école coloniale. « Nourri par les discussions avec son père, il fait ses premières armes dans la résistance active », précise Gaëtan Blosse. Louis Bloch n'avait alors que 19 ans.

Deuxième étape : la faculté contestataire

Les élèves ont dédié le second arrêt à Étienne, un autre des six enfants Bloch. La halte se fait à la faculté de Droit. L'université était alors un bastion du réseau Combat, sous l'impulsion de Pierre-Henri Teitgen, figure de la résistance et futur ministre de De Gaulle. « La fac de Droit est un vivier de recrutement », explique Gaëtan Blosse. Étienne assiste aux cours du professeur Teitgen. Il prend part à des actions sans toujours savoir pour quel mouvement il agit. Lui aussi sera visé par une enquête de police.

Troisième halte : l'appartement du 5 rue Sainte-Croix

La troisième halte a laissé Suzette Bloch sans voix. « Je sais que ma famille a été heureuse ici, malgré les craintes et la menace. Je viens pour la première fois et je suis profondément émue de voir cette façade », dit-elle. Le 5 rue Sainte-Croix ne porte aucune plaque commémorative. Pourtant, l'appartement du troisième étage, avec vue sur la place de La Canourgue, a abrité toute la famille. Il a accueilli des réunions secrètes et servi de cachette à des camarades recherchés par la Gestapo.

Marc Bloch, revenu à Montpellier pour enseigner à la faculté des Lettres où il ne fut pas bien accueilli, y échangeait beaucoup avec ses fils. Le 24 avril 1942, Louis Bloch participe à un attentat juste à côté, rue du Palais. Il fait exploser le local du Groupe Collaboration avant de se réfugier dans l'appartement familial avec l'un de ses compagnons.

Dernières étapes : la fuite et l'évasion

À l'automne 1942, l'invasion de la zone libre force la famille Bloch à fuir. Ils quittent Montpellier en urgence pour la propriété familiale de Fougères, dans la Creuse. Mais leur histoire avec la capitale héraultaise ne s'arrête pas là. La cinquième étape se déroule devant la maison de Francis Missa, rue Saint-Guilhem. Ce musicien avait mis sur pied une filière d'évasion vers l'Espagne. Marc Bloch se tourne vers lui pour que ses fils aînés quittent la France. Lui restera.

Louis, Étienne et leur cousin Robert embarquent pour Perpignan au départ de la gare Saint-Roch. Revenu clandestinement à Lyon, Marc Bloch est arrêté, torturé puis exécuté le 16 juin 1944. Ses fils, un temps emprisonnés en Espagne par les Franquistes, continuent la lutte. Robert dans la 5e Division Blindée, Étienne dans la 2e DB, la « Division Leclerc », et Louis au sein du BCRA, le service de renseignement de la France libre.

Le parcours mémoriel sera dévoilé aux familles et aux représentants institutionnels ce mardi 16 juin, date anniversaire de l'exécution de Marc Bloch. Il pourrait bientôt être proposé au grand public.


Partenaires
Boostez votre visibilité !
Placez votre publicité ici et atteignez des habitants locaux.
Contactez-nous dès maintenant pour discuter des options de partenariat adaptées à votre marché !

Newsletter actualité Montpellier

Gratuit, inscrivez-vous pour recevoir les actualités de Montpellier directement dans votre boîte mail.

Désinscription possible à tout moment.

Montpellier : Plus d'articles