Publié le mercredi 24 juin 2026 dans la rubrique Montpellier
Montpellier : l'offensive des marques chinoises dans l'automobile s'accélère
À Montpellier, dans l'Hérault, la présence des marques automobiles chinoises est en forte expansion. Actuellement, huit constructeurs y sont distribués, un chiffre qui devrait passer à neuf avec l'ajout de Geely par le groupe Maurin, qui possède déjà BYD et Denza. Cette dynamique s'inscrit dans une tendance plus large observée en France depuis quatre ans, où les marques chinoises ont intensifié leur implantation sur le marché.
Une multiplication des marques
La scène automobile à Montpellier reflète une évolution marquée. Des concessions qui, autrefois, arboraient uniquement des marques bien établies comme Mercedes ou Peugeot, affichent désormais des noms chinois en lettres tout aussi imposantes. En parallèle, le groupe Grim a récemment intégré Omoda et Jaecoo, tandis que XPeng a fait son entrée l'année précédente. Ces mouvements illustrent une stratégie de conquête méthodique des marques chinoises sur le territoire français.
Des ventes encore modestes mais en croissance
Malgré une présence accrue, les ventes de véhicules chinois en France restent timides comparées à celles des grandes marques européennes. Par exemple, en mai, BYD et MG ont vendu respectivement 2 585 et 2 682 unités, tandis que Renault et Peugeot ont dépassé les 19 000 véhicules. Néanmoins, les marques chinoises commencent à rivaliser avec certaines marques européennes historiques, comme Fiat et Opel, dont les ventes sont inférieures à celles des véhicules chinois.
Une part de marché en progression
La part de marché des voitures chinoises en France connaît une progression continue. Elle est passée de 2,9 % en 2025 à 5,89 % en mai 2026, avec l'arrivée de nouveaux acteurs comme Jaecoo et Geely. Cette montée en puissance est visible dans des villes comme Nîmes et Perpignan, où les concessions multimarques, telles que celles des groupes Maurin et Grim, favorisent la diffusion de ces véhicules dans des localités moins peuplées.
La perception des consommateurs français
Malgré les avancées, les Français demeurent prudents face aux véhicules chinois. Un sondage réalisé par L’Automobile Magazine indique que 94 % des personnes interrogées considèrent ces marques comme une menace pour l'industrie automobile européenne. De plus, 66 % n'ont pas confiance dans ces véhicules, et seulement 8 % envisagent un achat, bien que 79 % reconnaissent leur avance technologique.
Adaptation au marché européen
Les marques chinoises s'adaptent aux spécificités du marché européen. L'électrique a propulsé leurs ventes, soutenues par des prix compétitifs. Toutefois, face aux lourdes taxes sur les modèles importés de Chine, elles diversifient leur offre avec des hybrides, qui ont constitué 51,5 % des ventes en France sur les cinq premiers mois de 2026. BYD, leader mondial dans le secteur électrique, se positionne aussi en tête pour les hybrides rechargeables.
Production locale et projets d'usines
Pour surmonter les obstacles liés aux taxes, les constructeurs chinois investissent dans des usines en Europe. BYD a lancé la production à Szeged, en Hongrie, et prévoit d'autres usines en Turquie et en Espagne. En France, Dongfeng exploitera une partie du site de Stellantis à Rennes. Ces initiatives visent à réduire les coûts et à répondre à la demande croissante pour des véhicules adaptés aux attentes locales.
La compétition devient de plus en plus féroce dans le secteur automobile, avec une nécessité impérieuse pour certaines marques de vendre à l'étranger pour assurer leur survie. Les chiffres de la China Association of Automobile Manufacturers révèlent une production de 34,53 millions de véhicules en 2022, avec un excédent de production d'environ 7 millions d'unités, incitant les constructeurs à s'implanter sur de nouveaux marchés.


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