Publié le mardi 25 août 2026 dans la rubrique Montpellier
"On est dans l’angoisse" : deux ans après l’attentat à la synagogue de La Grande-Motte, la communauté juive "sur le qui-vive"
Deux ans après l'attentat
Le 24 août 2024, la synagogue Beth Yaacov à La Grande-Motte, dans l'Hérault, a été la cible d'un attentat terroriste. Ce jour-là, un incendie criminel, en lien avec des tensions géopolitiques et une haine antisémite, a provoqué une onde de choc au sein de la communauté juive et au-delà. Deux ans après, les blessures restent présentes.
Une enquête toujours en cours
Actuellement, trois individus sont mis en examen dans cette affaire, dont le principal suspect, El Hussein Khenfri. Ce dernier, en détention, fait face à des accusations graves, notamment de tentatives d'assassinat motivées par la religion et d'association de malfaiteurs terroriste. Âgé de 36 ans et d'origine algérienne, Khenfri aurait planifié son acte en effectuant des repérages au préalable. Armé de bouteilles d'essence et d'une hache, il a mis le feu à plusieurs endroits de la synagogue, alors que la prière de shabbat était sur le point de commencer.
Les conséquences physiques et psychologiques
Rémi, policier municipal, a été le seul blessé physique lors de l'attentat. En tentant d'éteindre les flammes, il a été blessé par l'explosion d'une bouteille de gaz. Aujourd'hui, il raconte comment cet événement a profondément modifié sa vie quotidienne. "Je suis beaucoup plus prudent, l'essentiel est de rentrer chez moi le soir", confie-t-il. Les séquelles ne touchent pas seulement les victimes directes : d'autres policiers et gendarmes présents sur les lieux souffrent également de troubles psychologiques à cause de leur expérience lors de l'incendie.
Une communauté en état d'alerte
Pour la présidente de la synagogue, Sabine Atlan, l'angoisse est omniprésente. Chaque rassemblement est désormais teinté de méfiance. Les fidèles se sentent constamment sur le qui-vive, et l'absence de blessés lors de l'attentat ne fait pas disparaître les traumatismes psychologiques. "Quand je vois des pompiers ou que je sens l'odeur du feu, ça me replonge dans les faits", confie-t-elle. La communauté juive de La Grande-Motte s'est repliée sur elle-même, malgré le soutien des forces de l'ordre.
Un procès attendu
Le procès pour cet attentat est attendu par la communauté. "Nous espérons qu'une condamnation viendra apporter un peu de justice", explique Sabine Atlan. Les actes antisémites restent préoccupants, avec plus de 1320 incidents répertoriés en 2025 en France. Bien que la situation soit tendue, le rabbin local encourage les membres de la communauté à avancer. "Ces gens-là ne nous font pas peur", affirme-t-elle.
Un moment de recueillement
Ce lundi 24 août, les fidèles se sont réunis à la synagogue pour une prière de recueillement. Malgré la douleur persistante, la communauté cherche à tourner la page et à retrouver une certaine sérénité. "On veut aller de l’avant", conclut Atlan, soulignant la volonté de résilience face à l'adversité.


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